À Marseille, « Le Chat » face au tribunal : trois semaines pour juger le dossier du clan Yoda
À Marseille, « Le Chat » face au tribunal : trois semaines pour juger le dossier du clan Yoda

Dès demain, le tribunal correctionnel de Marseille va ouvrir un dossier lourd, encombrant, presque étouffant : Félix Bingui, surnommé « Le Chat », doit comparaître aux côtés de 19 coaccusés. L’audience est annoncée sur trois semaines, signe d’un dossier tentaculaire lié à un réseau de stupéfiants implanté autour de la cité de la Fontaine. Une procédure au long cours, avec un parfum de guerre de territoire qui ne dit pas son nom mais que tout le monde devine.

Retour sur une scène qui en dit long. Le 6 mars, lors d’une audience de fixation, Bingui a été extrait de sa détention à Vendin-le-Vieil pour apparaître dans un box vitré, sous haute surveillance, entouré d’agents pénitentiaires cagoulés, dans une salle bordée par des policiers armés. Né en 1990 à Alès, l’homme est présenté comme une figure du narcobanditisme marseillais, dans un décor qui ressemble moins à un simple rendez-vous judiciaire qu’à un rappel brutal du niveau de menace attribué au personnage.

Un point de deal, une guerre de clans, et une ville sous tension

Au coeur du dossier, il y a ce que Marseille connaît trop bien : un point de revente et la bataille pour le tenir. Le dossier s’inscrit dans la rivalité entre le clan Yoda et la DZ Mafia, une confrontation pour le contrôle des trafics dans la ville, sur fond de règlements de comptes qui ont jalonné ces dernières années. Selon les éléments rapportés dans la presse, cette guerre de gangs a été associée à plusieurs dizaines de morts, pendant que le réseau attribué à Bingui perdait progressivement du terrain.

L’itinéraire du suspect ajoute une couche à l’affaire. Interpellé au Maroc en mars 2024, Félix Bingui a ensuite été extradé vers la France un an plus tard. Un schéma que les enquêteurs disent observer de plus en plus souvent: des têtes de réseau tentent de se soustraire à la justice française en se mettant à distance, parfois vers des destinations où les démarches de coopération prennent du temps, parfois trop.

Dans les semaines qui viennent, Marseille va donc regarder un tribunal tenter de remettre de l’ordre là où la rue a imposé sa loi, au moins un temps. Le procès dira ce qui relève des responsabilités pénales, ce qui tient aux rivalités internes et ce qui s’est organisé autour de la cité de la Fontaine, loin des clichés et près des faits. Même quand un chef présumé finit dans un box, le trafic, lui, cherche déjà son prochain visage.

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