Un petit groupe de musiciens cubains, accompagné de l’ambassadeur des États-Unis à Cuba, a rendu hommage mardi à Celia Cruz, légende incontestée de la musique cubaine et figure emblématique de la salsa, qui aurait célébré son 100e anniversaire cette année. La cérémonie s’est tenue dans l’église Notre-Dame de la Charité, au cœur de La Havane, dans une atmosphère à la fois sobre et profondément émotive.
Décédée en 2003, Celia Cruz reste une icône mondiale de la culture afro-cubaine, célèbre pour sa voix puissante, son énergie débordante et son célèbre cri « ¡Azúcar! ». Mais sur son île natale, sa mémoire demeure longtemps restée controversée, en raison de son exil aux États-Unis après la Révolution cubaine de 1959 et de ses positions ouvertement critiques envers le régime de Fidel Castro.
La présence du représentant américain à cette commémoration, aux côtés de musiciens et de fidèles cubains, a conféré à l’événement une portée symbolique. « Célia Cruz a transcendé les frontières politiques et reste une source d’inspiration pour des millions de personnes à travers le monde », a déclaré le diplomate américain lors de la messe, selon des témoins présents sur place.
Cet hommage intervient après que le Centre national de musique populaire de Cuba a annulé la semaine précédente un autre événement prévu pour honorer la chanteuse, organisé par la troupe théâtrale El Público dans une salle de concert de La Havane. Aucune raison officielle n’a été donnée, mais plusieurs artistes locaux ont dénoncé une décision politique liée à la censure culturelle.
Malgré cette annulation, de nombreux Cubains ont tenu à célébrer la mémoire de la chanteuse, symbole d’une identité musicale et diasporique qui continue d’unir les communautés des deux côtés du détroit de Floride. Dans les rues de La Havane, des haut-parleurs diffusaient ses plus grands succès, rappelant que, même un siècle après sa naissance, la voix de Celia Cruz continue de faire vibrer le cœur du peuple cubain.