Un navire battant pavillon panaméen transportant 1 200 tonnes de vivres destinés à la bande de Gaza approchait mardi du port israélien d’Ashdod après avoir quitté Chypre. Cette nouvelle opération humanitaire vise à atténuer la crise alimentaire qui s’aggrave dans le territoire palestinien, où les agences de l’ONU alertent sur un risque imminent de famine.
Le navire transporte 52 conteneurs remplis de pâtes, riz, nourriture pour bébés et conserves. Avant son départ lundi, les cargaisons ont été inspectées par les autorités douanières israéliennes au port chypriote de Limassol. Environ 700 tonnes proviennent de Chypre, financées grâce à une contribution des Émirats arabes unis au Fonds Amalthea, créé l’an dernier pour soutenir l’acheminement maritime d’aide humanitaire. Le reste a été fourni par l’Italie, le gouvernement maltais, un ordre religieux catholique de Malte et l’ONG koweïtienne Al Salam Association.
« La situation est au-delà du critique », a déclaré le ministre chypriote des Affaires étrangères, Constantinos Kombos, à l’Associated Press. L’an dernier, Chypre avait déjà servi de base logistique à une opération de 22 000 tonnes d’aide expédiées directement à Gaza, via une jetée gérée par l’ONG World Central Kitchen et une installation flottante américaine. Cette mission avait toutefois été interrompue à l’été 2024 en raison de difficultés météorologiques et sécuritaires.
Selon le ministère chypriote des Affaires étrangères, la mission actuelle est coordonnée par les Nations unies. Une fois débarquées à Ashdod, les cargaisons seront acheminées par camion vers des dépôts et des points de distribution de nourriture administrés par World Central Kitchen, une organisation humanitaire largement reconnue à Gaza. « La contribution de tous les acteurs est cruciale et leur engagement incroyable », a ajouté M. Kombos.
Contrairement aux largages aériens réalisés récemment par plusieurs pays, les livraisons maritimes permettent d’acheminer des quantités bien plus importantes de vivres et de produits de première nécessité. L’arrivée de ce navire survient alors que le Hamas a annoncé lundi avoir accepté une nouvelle proposition de cessez-le-feu formulée par des médiateurs arabes. Israël, pour sa part, n’a pas encore donné son accord et prévoit même, selon ses annonces, de reprendre le contrôle de Gaza-Ville et d’autres zones densément peuplées, faisant craindre une nouvelle aggravation de la crise humanitaire.
Si le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a qualifié de « mensonges » les informations sur la famine diffusées, selon lui, par le Hamas, l’ONU a averti la semaine dernière que la malnutrition et la faim dans l’enclave palestinienne atteignaient leur niveau le plus élevé depuis le début de la guerre. Celle-ci a éclaté le 7 octobre 2023, lorsque le Hamas a attaqué le sud d’Israël, tuant environ 1 200 personnes, majoritairement des civils, et enlevant 251 otages.
D’après le ministère de la Santé de Gaza, contrôlé par le Hamas et dirigé par des professionnels de santé, le conflit a déjà causé plus de 62 000 morts palestiniens en 22 mois. Le bilan ne distingue pas les civils des combattants, mais indique que les femmes et les enfants représentent environ la moitié des victimes.