Un missile tiré depuis le Yémen interrompt le trafic à l’aéroport de Tel-Aviv, Israël promet des représailles
Un missile tiré depuis le Yémen interrompt le trafic à l’aéroport de Tel-Aviv, Israël promet des représailles

TEL-AVIV — Un missile lancé dimanche par les rebelles houthis du Yémen, soutenus par l’Iran, a brièvement paralysé l’aéroport international Ben-Gourion, près de Tel-Aviv, provoquant la panique parmi les passagers et des perturbations dans les transports aériens, ferroviaires et routiers. Cette attaque intervient alors que les autorités israéliennes doivent voter l’intensification de l’offensive militaire en cours dans la bande de Gaza.

Le missile, qualifié d’hypersonique par les Houthis, a déclenché des sirènes d’alerte dans plusieurs régions d’Israël avant de frapper une zone proche de l’aéroport, créant un large cratère et soulevant un panache de fumée visible dans les environs. Selon l’armée israélienne, plusieurs tentatives d’interception ont échoué. Quatre personnes ont été légèrement blessées, selon les services médicaux israéliens.

L’impact marque la première fois depuis le début de la guerre en octobre 2023 qu’un missile atteint directement le périmètre de l’aéroport. En réponse, plusieurs compagnies aériennes ont suspendu leurs vols à destination ou au départ d’Israël, malgré un retour progressif à la normale depuis les hostilités initiales avec le Hamas et le Hezbollah.

Le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, a promis des représailles sévères : « Quiconque nous frappe sera frappé sept fois en retour. » Le Cabinet de sécurité doit se réunir dans la soirée pour approuver une nouvelle phase de l’opération militaire à Gaza. Des milliers de réservistes ont déjà été rappelés.

Le ministre ultranationaliste de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a réclamé une offensive « puissante » et une intensification des frappes sur Gaza, allant jusqu’à exiger la destruction des réserves alimentaires et électriques du territoire palestinien.

Depuis mars, Israël bloque toute entrée de biens dans Gaza afin de faire pression sur le Hamas. Cette décision a aggravé une crise humanitaire déjà catastrophique pour les 2,3 millions d’habitants. Plus de 90 % de la population est désormais déplacée et la pénurie alimentaire provoque des pillages.

En parallèle, les tensions autour de l’acheminement d’aide humanitaire s’accentuent. Malte a proposé d’inspecter un navire d’activistes pro-palestiniens supposé avoir été visé par une frappe de drone. Les organisateurs accusent Israël, qui n’a pas commenté l’incident.

Sur le terrain, sept Palestiniens, dont deux enfants de 2 et 4 ans, ont été tués dimanche dans des frappes israéliennes à Gaza. L’armée israélienne a également annoncé la mort de deux soldats, portant à six le nombre de militaires tués depuis la reprise des combats en mars.

Le conflit a éclaté le 7 octobre 2023, après une attaque du Hamas ayant fait 1 200 morts et 250 otages en Israël. Tsahal affirme que 59 otages restent détenus à Gaza, dont environ 35 seraient morts. Selon les autorités sanitaires palestiniennes, l’offensive israélienne a fait plus de 52 000 morts, en majorité des femmes et des enfants.

Alors que les efforts pour une trêve durable ont échoué et qu’un cessez-le-feu unilatéral de 72 heures proposé par Moscou pour le 8 mai reste incertain, la guerre semble s’enliser dans une spirale de violence et de représailles sans issue proche.

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