Un nouveau drame de la migration s’est produit dimanche au large des côtes méridionales du Yémen, où un bateau transportant environ 150 personnes a chaviré dans des conditions météorologiques défavorables. Selon des sources locales, au moins 54 migrants ont péri et des dizaines d’autres sont toujours portés disparus. Le naufrage s’est produit au large du district d’Ahwar, dans la province d’Abyan, sur la mer d’Arabie.
Abdul Qadir Bajameel, un responsable provincial de la santé, a déclaré que seuls dix passagers avaient pu être secourus jusqu’à présent : neuf ressortissants éthiopiens et un Yéménite. Les recherches se poursuivaient encore dimanche soir pour tenter de retrouver d’éventuels survivants, selon des médecins mobilisés sur place. Le bilan humain, déjà dramatique, pourrait donc encore s’alourdir.
Ce naufrage illustre une fois de plus les risques extrêmes encourus par les migrants qui empruntent les routes maritimes de la Corne de l’Afrique vers la péninsule arabique. Chaque année, des milliers de personnes, majoritairement originaires d’Éthiopie, de Somalie ou d’Érythrée, traversent le détroit de Bab al-Mandeb à bord d’embarcations souvent surchargées et précaires. Leur objectif : atteindre l’Arabie saoudite ou d’autres pays du Golfe pour y chercher du travail.
L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) alerte régulièrement sur le caractère dangereux de cette route, qu’elle qualifie de « l’une des plus fréquentées et des plus périlleuses au monde ». Plus de 60 000 migrants ont été enregistrés au Yémen en 2024 selon les données de l’OIM, malgré la guerre civile, les conflits armés et l’effondrement des infrastructures dans ce pays déjà ravagé par une grave crise humanitaire.
Le naufrage de dimanche vient s’ajouter à une longue série de tragédies similaires. Les survivants rapportent souvent des récits d’extorsion, de violences, et parfois même de naufrages délibérés orchestrés par des passeurs sans scrupules. Pourtant, l’absence d’opportunités dans les pays d’origine, conjuguée à l’espoir d’une vie meilleure dans les États du Golfe, continue de pousser des milliers de personnes à risquer leur vie.
À l’heure actuelle, les secours poursuivent leurs recherches, mais l’espoir de retrouver d’autres survivants s’amenuise. Les autorités locales, débordées, ont lancé un appel à l’aide internationale pour soutenir les opérations de sauvetage et de prise en charge des victimes.