Reza Pahlavi se dit prêt à conduire la « transition » démocratique en Iran, sur fond de menaces de Trump
Reza Pahlavi se dit prêt à conduire la « transition » démocratique en Iran, sur fond de menaces de Trump 

Reza Pahlavi, fils du dernier shah d’Iran renversé en 1979, a affirmé samedi être prêt à mener une « transition » vers un « avenir démocratique et laïque » en Iran. S’exprimant devant une foule annoncée à environ 200 000 personnes à Munich, en marge de la Conférence sur la sécurité, cette figure de l’opposition iranienne en exil a déclaré vouloir incarner le leadership d’un processus politique reposant sur le vote. 

« Je suis ici pour garantir une transition vers un avenir démocratique et laïque. Je m’engage à être le leader de la transition » vers un « processus démocratique et transparent, à travers les urnes », a-t-il lancé, tout en intensifiant ces derniers jours ses appels à la mobilisation contre la République islamique, en Iran comme à l’étranger. 

Plus tôt dans la journée, Reza Pahlavi a exhorté le président américain Donald Trump à soutenir le peuple iranien. Installé aux États-Unis, il a appelé Washington à agir alors que les États-Unis s’apprêtent à renforcer leur présence militaire dans le Golfe, avec le déploiement annoncé d’un second porte-avions. 

Donald Trump, qui alterne depuis plusieurs semaines entre appels à une issue négociée et menaces d’intervention, a évoqué vendredi de manière explicite l’idée d’un renversement du pouvoir à Téhéran. Interrogé sur un éventuel « changement de régime », il a répondu : « Il semble que ce serait la meilleure chose qui puisse arriver. » 

Lors d’une conférence de presse, Reza Pahlavi a salué les déclarations du président américain et lui a adressé un appel direct. « Le peuple iranien vous a entendu dire que l’aide est en route, et il a foi en vous. Aidez-le », a-t-il déclaré, après la confirmation par Donald Trump de l’envoi « très bientôt » du porte-avions Gerald Ford, qui doit rejoindre l’USS Abraham Lincoln dans la région. 

« Il est temps d’en finir avec la République islamique », a encore affirmé l’opposant, estimant que les Iraniens ne demandent plus de réformes mais la fin du régime. Il reste toutefois contesté au sein d’une opposition iranienne fragmentée, qui ne s’accorde pas sur une stratégie commune face aux autorités de Téhéran. 

Dans le même temps, une possible reprise des discussions diplomatiques a été évoquée. Après une reprise des pourparlers le 6 février à Oman, une nouvelle session de négociations entre Américains et Iraniens pourrait se tenir mardi à Genève, selon le site Axios, citant un responsable américain et trois sources proches du dossier. Ni Washington ni Téhéran n’ont confirmé officiellement. 

Les Occidentaux accusent l’Iran de chercher à se doter de l’arme nucléaire, ce que la République islamique dément, affirmant que son programme est exclusivement civil. Les États-Unis, soutenus par Israël, exigent également que Téhéran limite son programme de missiles balistiques et cesse son soutien à des groupes armés dans la région. Selon l’organisation HRANA, au moins 7 008 personnes — en majorité des manifestants — ont été tuées dans la répression, et plus de 53 000 arrêtées. L’ONG Iran Human Rights affirme que parmi les détenus, des centaines risquent la peine de mort. 

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