Le constructeur automobile américain Tesla inaugure sa première salle d’exposition en Arabie saoudite, un pays où les infrastructures dédiées aux véhicules électriques restent encore très limitées, freinant ainsi leur expansion.
Un événement est prévu à 20, heure locale (17 H GMT), dans le quartier de Diriyah à Riyad, pour marquer officiellement le lancement des opérations de Tesla dans le royaume.
Cette initiative du groupe dirigé par le milliardaire américain Elon Musk, membre de l’administration de Donald Trump, précède la visite attendue de l’ancien président américain en mai prochain à Riyad.
Un contexte difficile pour Tesla
Début mars, Tesla a annoncé une baisse de 13 % de ses ventes au premier trimestre 2025, en raison notamment d’une diminution de la production.
Ces dernières semaines, plusieurs véhicules et bornes de recharge de la marque ont été vandalisés aux États-Unis et en Europe, dans un contexte de controverse croissante autour des positions politiques de Musk, qui préside une commission chargée de réduire les dépenses publiques aux États-Unis.
Le marché saoudien des véhicules électriques : encore balbutiant
Le marché des véhicules électriques reste modeste en Arabie saoudite, avec 779 unités importées en 2023 contre 210 en 2022, selon le journal économique Al-Eqtisadiah.
Le pays ne compte que 101 stations de recharge, un chiffre faible en comparaison avec les 261 stations disponibles aux Émirats arabes unis, selon le site Statista.
Pour combler ce retard, les autorités ont lancé la société EVIC (Infrastructure pour les véhicules électriques), qui vise l’installation de 5 000 bornes de recharge réparties sur plus de 1 000 sites d’ici 2030.
Défis géographiques et climatiques
Dans le plus grand exportateur de pétrole au monde, les habitants privilégient encore les véhicules de grande taille et fortement consommateurs de carburant.
Cependant, le coût d’utilisation peut inciter certains à se tourner vers les électriques, bien que le prix du litre d’essence reste bas (2,33 riyals, soit 0,62 $).
La distance importante entre les villes constitue également un obstacle : il faut environ 950 km pour relier Riyad à Djeddah, soit plus du double de l’autonomie moyenne de 400 km des batteries actuelles.
En outre, les températures extrêmes, dépassant régulièrement les 50 °C, posent problème pour les batteries des véhicules électriques, qui ne supportent pas bien la chaleur.
Une ambition industrielle grandissante
Malgré ces défis, l’Arabie saoudite, première économie du Moyen-Orient, ambitionne de devenir un hub de la fabrication de véhicules électriques.
Le Fonds public d’investissement (PIF), le fonds souverain du royaume, détient 60 % de la société américano-saoudienne Lucid, qui a récemment ouvert une usine à Djeddah.
Le Royaume a également signé un accord avec Hyundai pour construire une usine de véhicules électriques et hybrides sur son sol, et a lancé en 2022 sa propre marque automobile nationale, « Ceer ».
On peut déjà apercevoir dans les rues de Riyad des modèles haut de gamme de Lucid, vendus autour de 346 000 riyals (environ 92 000 dollars).
En mai dernier, le constructeur chinois BYD a ouvert une concession à Riyad, proposant notamment des véhicules hybrides à des prix accessibles.
Une salle d’exposition, mais en attendant une usine ?
L’économiste saoudien Mohammed Al-Qahtani a salué l’ouverture de Tesla en Arabie saoudite dans un entretien avec l’AFP, tout en nuançant :
« Nous ne voulons pas seulement un showroom, nous voulons une usine. »
Et d’ajouter :
« Nous souhaitons participer à la chaîne de production, pas simplement être des consommateurs. »