L'ONU propose quatre scénarios pour l'avenir incertain de l'UNRWA, l'agence humanitaire palestinienne en crise
L'ONU propose quatre scénarios pour l'avenir incertain de l'UNRWA, l'agence humanitaire palestinienne en crise

Alors que l’UNRWA, l’agence des Nations Unies en charge des réfugiés palestiniens, traverse l’une des périodes les plus critiques de son histoire, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a soumis cette semaine à l’Assemblée générale un rapport stratégique proposant quatre scénarios possibles pour assurer, ou non, la continuité de son mandat. L’agence, pilier de l’aide humanitaire à Gaza et dans plusieurs pays du Moyen-Orient, fait face à une crise financière sans précédent, aggravée par des pressions politiques croissantes et des accusations controversées.

Selon les documents consultés par Reuters, le rapport envisage notamment la possibilité d’un effondrement pur et simple de l’UNRWA, dans l’hypothèse où aucune mesure concrète ne serait prise. Ce scénario « exacerberait les besoins humanitaires, accentuerait les troubles sociaux et aggraverait la fragilité régionale », souligne le texte, évoquant un véritable abandon des réfugiés palestiniens par la communauté internationale.

Les trois autres options examinées consistent, respectivement, à réduire les services de l’agence en les adaptant aux ressources disponibles, à créer un conseil exécutif pour renforcer sa gouvernance, ou à recentrer l’UNRWA sur ses missions fondamentales de plaidoyer et d’enregistrement, tout en transférant progressivement la fourniture des services aux gouvernements hôtes et à l’Autorité palestinienne. Ces propositions s’inscrivent dans le cadre des efforts plus larges de réforme de l’ONU menés par Guterres, même si toute modification du mandat de l’UNRWA demeure du ressort exclusif des 193 États membres de l’Assemblée générale.

L’agence est fragilisée par la suspension de son financement par les États-Unis, son principal bailleur, à la suite d’accusations israéliennes selon lesquelles plusieurs de ses employés auraient été impliqués dans l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023. L’ONU a depuis licencié neuf membres du personnel et s’est engagée à enquêter, tout en affirmant n’avoir reçu à ce jour aucune preuve concrète de la part d’Israël. L’organisation dénonce une « campagne de désinformation féroce » visant à discréditer l’UNRWA, qualifiée par Guterres et le Conseil de sécurité comme l’épine dorsale de la réponse humanitaire à Gaza.

Israël a officiellement interdit toute activité de l’agence sur son territoire, y compris à Jérusalem-Est, annexée par l’État hébreu mais non reconnue internationalement. La loi, promulguée le 30 janvier dernier, interdit aussi tout contact entre les autorités israéliennes et les représentants de l’UNRWA. Parallèlement, l’agence fait face à un déficit budgétaire de 200 millions de dollars, menaçant la continuité de ses programmes d’aide dans des zones où des millions de Palestiniens dépendent de ses services.

Créée en 1949 à la suite du conflit ayant suivi la fondation d’Israël, l’UNRWA fournit depuis lors des soins médicaux, une éducation et une aide de première nécessité aux réfugiés palestiniens à Gaza, en Cisjordanie, en Jordanie, au Liban et en Syrie. Pour Antonio Guterres, il est impératif que les États membres « prennent des mesures pour protéger les droits des réfugiés palestiniens, le mandat de l’UNRWA, ainsi que la paix et la sécurité régionales ». Reste à savoir quelle voie sera retenue par la communauté internationale, alors que les tensions au Proche-Orient demeurent explosives.

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