L’Iran a annoncé vendredi la saisie d’un pétrolier étranger alors qu’il traversait le détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique par laquelle transite environ 20 % du pétrole échangé dans le monde. Selon l’agence officielle IRNA, les forces navales du Corps des gardiens de la révolution islamique ont intercepté le navire, soupçonné de transporter du carburant de contrebande.
Mojtaba Ghahramani, responsable provincial du département de la justice, a indiqué que le pétrolier acheminait près de 4 millions de litres de carburant, soit environ 25 000 barils. Seize membres d’équipage étrangers ont été arrêtés. Les autorités iraniennes n’ont pas précisé la nationalité des marins ni le pavillon du navire, qualifiant l’opération de coup porté aux réseaux de contrebande.
Téhéran procède régulièrement à des saisies de navires pétroliers dans la région pour des accusations similaires. En novembre, un bâtiment avait déjà été intercepté dans le détroit d’Ormuz pour des violations présumées, notamment le transport d’une cargaison illégale. L’Iran avait également saisi en avril 2024 le cargo MSC Aries, battant pavillon portugais.
Ces incidents s’inscrivent dans un contexte de fortes tensions entre l’Iran et les pays occidentaux. Les États-Unis et leurs alliés accusent l’Iran d’avoir mené ou soutenu des attaques contre des pétroliers, notamment en 2019, ainsi qu’une attaque de drone contre un navire lié à Israël en 2021, qui avait coûté la vie à deux marins européens. Ces actions avaient suivi le retrait unilatéral de Washington de l’accord nucléaire iranien en 2018 sous la présidence de Donald Trump.
Plus récemment, la région a été marquée par une guerre de douze jours entre l’Iran et Israël, au cours de laquelle des frappes israéliennes ont tué de hauts responsables militaires et des scientifiques nucléaires iraniens, avant des tirs de missiles iraniens ayant fait 28 morts en Israël.
L’Iran menace de longue date de fermer le détroit d’Ormuz en cas d’escalade majeure. Les États-Unis, dont la Ve flotte est basée à Bahreïn, maintiennent une présence navale constante pour garantir la liberté de navigation dans cette zone clé pour l’approvisionnement énergétique mondial.