Pour la deuxième journée consécutive, Israël a mené mardi des frappes aériennes contre des positions de l’armée syrienne dans le sud-ouest de la Syrie, dans une démarche que l’État hébreu justifie par la nécessité de protéger la minorité druze, cible d’une offensive des forces gouvernementales. Ces attaques interviennent dans un contexte de vives tensions dans la région de Soueida, bastion de la communauté druze, où des affrontements ont éclaté malgré un cessez-le-feu théoriquement en vigueur.
Selon les autorités israéliennes, ces frappes visent à garantir le respect d’une zone démilitarisée établie de facto à proximité de la frontière israélo-syrienne, tout en apportant un soutien indirect aux combattants druzes qui s’opposent à l’entrée des troupes syriennes dans la ville de Soueida. « Israël ne restera pas passif alors que des civils innocents, en particulier les Druzes, sont menacés par les agissements du régime syrien », a déclaré un responsable militaire israélien sous couvert d’anonymat.
Du côté syrien, un haut responsable druze a accusé le gouvernement de Bachar al-Assad d’avoir violé l’accord de cessez-le-feu en lançant une opération militaire dans la région. En réponse, le ministre syrien de la Défense a tenté de calmer les tensions en affirmant que le cessez-le-feu restait en vigueur et qu’une police militaire avait été déployée à Soueida pour « encadrer le comportement des soldats », rejetant ainsi toute accusation de débordements ou d’exactions.
Malgré ces déclarations, des sources locales ont confirmé la présence accrue de troupes syriennes dans les environs de la ville et la poursuite d’accrochages entre l’armée régulière et des groupes d’autodéfense druzes. Ces derniers ont été appelés par leurs leaders communautaires à résister à toute tentative d’intrusion de l’armée, jugée provocatrice et dangereuse pour l’équilibre fragile de la région.
La communauté druze de Syrie, historiquement marginalisée mais relativement épargnée par les violences du conflit ces dernières années, semble désormais prise dans un engrenage de confrontation directe avec le régime. Cette évolution inquiète les observateurs internationaux, d’autant plus que l’implication d’Israël ajoute une dimension régionale explosive à la crise.
Les frappes israéliennes soulèvent par ailleurs des inquiétudes sur une possible escalade entre Israël et la Syrie, deux pays techniquement toujours en état de guerre. Damas n’a pour l’instant pas réagi officiellement à ces attaques, mais plusieurs sources proches du pouvoir évoquent des options de riposte à l’étude, tout en privilégiant la retenue afin d’éviter un embrasement généralisé dans le sud du pays.