Archéologie : des inscriptions en Égypte pourraient révéler la plus ancienne référence à Moïse. (DR)
Archéologie : des inscriptions en Égypte pourraient révéler la plus ancienne référence à Moïse. (DR)

Le site de Serabit el-Khadim, situé dans la péninsule du Sinaï, est connu depuis plus d’un siècle pour ses anciennes mines de turquoise exploitées par les pharaons du Moyen Empire. On y trouve également un temple consacré à la déesse Hathor, protectrice des mineurs et divinité majeure du panthéon égyptien. Mais au-delà de sa valeur historique, ce site attire l’attention des archéologues pour une autre raison : les mystérieuses inscriptions gravées sur la pierre, écrites dans un alphabet primitif appelé protosinaïtique. Cet alphabet, considéré comme l’ancêtre des écritures sémitiques, pourrait bien contenir des indices bouleversants pour l’histoire des religions.

Une découverte qui interpelle la recherche biblique

Un chercheur israélien affirme avoir repéré dans ces gravures des mentions explicites au nom de Moïse. Après plusieurs années d’étude et grâce à l’usage de scanners 3D de haute précision, il dit avoir identifié des formules telles que « de la part de Moïse » ou encore « déclaration de Moïse ». Si son interprétation est correcte, il s’agirait de la plus ancienne référence extra-biblique au prophète, datant d’environ 3 800 ans, bien avant la rédaction des premiers textes de l’Ancien Testament.

Des signes de rupture religieuse

Ces inscriptions ne se contenteraient pas de mentionner un nom. Elles témoigneraient également d’un conflit spirituel. Certaines gravures semblent effacer le nom de divinités égyptiennes pour le remplacer par des références à « El », dieu des premiers Sémites, évoqué dans la Bible hébraïque. Cette substitution pourrait refléter une opposition entre cultes polythéistes et un culte plus ancien tourné vers une divinité unique, marquant une étape importante dans l’émergence du monothéisme.

Moïse, scribe et auteur ?

L’hypothèse avancée par ce chercheur est que ces textes auraient été produits par un scribe sémitique lettré, familier des hiéroglyphes et de l’alphabet protosinaïtique. Le style poétique et la tonalité personnelle des inscriptions l’amènent même à penser qu’un seul auteur en serait responsable. Certains vont jusqu’à envisager que ce scribe aurait pu être Moïse lui-même, ou du moins un personnage à l’origine des traditions qui ont ensuite nourri l’Exode biblique.

Une théorie qui divise la communauté scientifique

Ces affirmations suscitent toutefois de vives discussions dans le monde académique. Le protosinaïtique est une écriture encore très mal comprise, et le risque d’interprétation erronée est particulièrement élevé. Plusieurs spécialistes rappellent que des lectures trop rapides peuvent donner naissance à des théories séduisantes mais fragiles, difficiles à confirmer sans consensus scientifique. Pour l’instant, la découverte n’a pas été validée par des pairs et reste au stade d’hypothèse.

Une piste fascinante pour l’histoire des religions

Même si elle demeure controversée, l’idée que les inscriptions de Serabit el-Khadim pourraient contenir la plus ancienne mention de Moïse passionne autant les chercheurs que le grand public. Si elle venait à être confirmée, cette découverte offrirait un témoignage direct reliant archéologie et récit biblique, et pourrait transformer notre compréhension des origines du judaïsme et du monothéisme. Qu’elle soit preuve tangible ou simple interprétation, elle remet au centre du débat le rôle fondateur de Moïse dans l’histoire des civilisations anciennes.

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