L’administration américaine a ordonné à ses diplomates de soulever activement, auprès des gouvernements étrangers, des inquiétudes liées à l’immigration de masse, selon un câble diplomatique révélé mercredi. Cette directive s’inscrit dans le cadre du programme anti-immigration particulièrement agressif défendu par le président Donald Trump depuis son retour au pouvoir.
D’après le document, les diplomates américains doivent mettre en garde leurs interlocuteurs contre les risques supposément associés aux mouvements migratoires importants, que l’administration Trump présente comme liés à la criminalité, à l’exploitation et à des violations des droits humains. Les représentations américaines à l’étranger sont ainsi invitées à exhorter les gouvernements à adopter des politiques plus strictes pour limiter ces flux.
L’initiative fait suite à plusieurs mesures intérieures déjà mises en œuvre par la Maison-Blanche, qui cherche à durcir drastiquement les conditions d’entrée et de séjour aux États-Unis. Trump a multiplié les déclarations liant immigration et insécurité, et son programme repose sur une approche qui privilégie les contrôles renforcés et les restrictions administratives.
La divulgation de ce câble intervient alors que les débats autour de l’immigration restent particulièrement vifs aux États-Unis comme dans de nombreux pays. Le gouvernement américain assure que cette stratégie vise à protéger les populations et à soutenir les États confrontés à des pressions migratoires croissantes. Ses détracteurs y voient au contraire une instrumentalisation politique de la question migratoire et un encouragement à des pratiques restrictives potentiellement contraires aux droits fondamentaux.
Dans un contexte international marqué par les crises économiques, climatiques et sécuritaires, ces consignes adressées aux diplomates américains pourraient redessiner certaines relations bilatérales, alors que la lutte contre les migrations massives devient un axe central de la politique extérieure de Washington.