La domination du Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV) montre des signes d’essoufflement, minée par la méfiance interne, des désertions locales et la réduction de certains avantages financiers, selon des sources citées par Reuters. Ces fragilités apparaissent dans un contexte politique et économique incertain, après la capture du président Nicolás Maduro par les forces américaines, un événement qui a profondément ébranlé les équilibres au sein du pouvoir.
Dans les environs de Maracaibo, principale ville pétrolière du pays, des militants du PSUV ont multiplié les opérations de porte-à-porte dans les semaines suivant cet épisode, cherchant à mesurer le niveau de loyauté de la population envers le parti au pouvoir depuis près de vingt ans. Selon plusieurs témoignages, ces démarches ont mis en lumière un climat de doute croissant, y compris parmi des soutiens traditionnels.
Des divisions internes seraient apparues au sein du PSUV, certains cadres locaux remettant en question la stratégie nationale et la capacité du parti à garantir stabilité et protection économique à ses militants. La situation est aggravée par l’incertitude économique persistante et par le gel ou la diminution de primes et d’avantages qui constituaient jusque-là un levier clé de fidélisation au sein des structures locales.
Les sources citées par Reuters indiquent que la baisse de ces primes a affaibli la loyauté de nombreux militants et sympathisants, en particulier dans les régions où le parti s’appuyait fortement sur des réseaux clientélistes. Cette érosion se traduit par des désertions discrètes, mais répétées, au niveau local, et par une mobilisation moins visible lors des activités partisanes.
Malgré ce tableau préoccupant pour le pouvoir, certains responsables estiment que le soutien local pourrait se redresser si la situation économique venait à s’améliorer. Une reprise partielle de l’activité pétrolière ou un assouplissement des contraintes financières pourrait, selon eux, permettre au PSUV de regagner une partie de l’appui populaire perdu ces derniers mois.
À ce stade, toutefois, la combinaison de la méfiance interne, de l’incertitude politique et de la pression économique semble fragiliser l’emprise du parti sur le terrain. Ces fissures, encore contenues, pourraient devenir plus visibles à l’approche de futures échéances politiques, dans un pays où la loyauté au pouvoir repose autant sur l’idéologie que sur la capacité à répondre aux besoins matériels de la population.