Le gouvernement syrien et les forces kurdes ont annoncé la conclusion d’un accord de cessez-le-feu prévoyant l’intégration progressive des combattants kurdes au sein de l’État syrien, une initiative qualifiée d’« étape historique » par Washington. Cet accord vise à éviter une confrontation armée majeure dans le nord-est du pays, après les avancées militaires des forces gouvernementales ces dernières semaines.
L’accord intervient alors que les forces loyales au président Ahmed al-Charia ont repris le contrôle de vastes territoires auparavant tenus par les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes. Ces derniers ont été contraints de se replier dans une zone réduite, faisant du sort de leurs structures politiques et militaires un enjeu central de l’après-guerre en Syrie.
Selon les termes de l’accord, les forces kurdes déployées sur les lignes de front dans le nord doivent se retirer, tandis que les forces de sécurité du ministère syrien de l’Intérieur se déploieront dans les villes de Hassaké et de Qamichli. Une nouvelle division militaire sera créée, intégrant trois brigades issues des FDS ainsi qu’une brigade basée à Kobani, rattachée au gouvernorat d’Alep.
Les autorités kurdes ont indiqué que les institutions civiles mises en place dans le nord-est seraient intégrées à l’appareil étatique syrien. Elles entendent toutefois préserver certains mécanismes de gouvernance locale, notamment le système de coprésidence, avec un responsable homme et une responsable femme à la tête des administrations locales.
Les États-Unis, anciens alliés des FDS dans la lutte contre l’organisation État islamique, ont salué l’accord. L’envoyé américain Tom Barrack a estimé qu’il s’agissait d’un tournant majeur pour la réconciliation nationale syrienne et la stabilité du pays. Des analystes soulignent néanmoins que la mise en œuvre de l’accord sera délicate et pourrait se heurter à des résistances internes.
La Turquie, qui considère les FDS comme liées au PKK, a indiqué examiner attentivement l’accord. Ankara a rappelé qu’une intégration effective des forces kurdes dans l’État syrien devait répondre à des conditions de sécurité claires. Les autorités syriennes, de leur côté, affirment que l’accord est définitif et que sa mise en œuvre doit commencer immédiatement, avec pour objectif affiché l’unification complète du territoire syrien.