Le chef de cabinet du Premier ministre britannique Keir Starmer, Morgan McSweeney, a annoncé dimanche sa démission, assumant la responsabilité d’avoir conseillé la nomination de Peter Mandelson comme ambassadeur du Royaume-Uni aux États-Unis malgré ses liens avec le délinquant sexuel condamné Jeffrey Epstein. Cette décision intervient alors que de nouveaux documents ont ravivé la polémique autour de cette relation.
Dans une déclaration, Morgan McSweeney a reconnu une erreur de jugement, affirmant que Keir Starmer avait suivi sa recommandation en envoyant Peter Mandelson à Washington en 2024. La publication récente d’archives détaillant l’ampleur des contacts entre Mandelson et Epstein a déclenché une tempête politique, plaçant le Premier ministre au cœur de ce qui est désormais considéré comme la crise la plus grave de ses 18 mois au pouvoir.
La démission de McSweeney, stratège influent âgé de 48 ans et artisan clé de l’ascension de Starmer à Downing Street, constitue un revers majeur pour le chef du gouvernement. Elle s’ajoute à une série de difficultés rencontrées par l’exécutif travailliste depuis sa victoire écrasante aux élections législatives, il y a moins de deux ans, qui avait pourtant donné au parti l’une des plus larges majorités parlementaires de l’histoire récente du pays.
Keir Starmer fait désormais face à des doutes croissants, y compris au sein de son propre camp, quant à son jugement et à sa capacité à diriger dans la durée. Des sondages récents montrent une forte impopularité du Premier ministre, alimentée par plusieurs volte-face politiques et par la gestion controversée de cette affaire diplomatique sensible.
La controverse pourrait encore s’intensifier dans les prochains jours. Selon plusieurs sources, des documents britanniques supplémentaires relatifs à l’affaire Epstein pourraient être rendus publics dès la semaine prochaine, ce qui risque de maintenir la pression sur le gouvernement et de prolonger les interrogations sur les procédures de nomination et de contrôle au sommet de l’État.
Reste à savoir si le départ de Morgan McSweeney suffira à contenir la crise et à restaurer la crédibilité de Keir Starmer. Pour l’heure, le Premier ministre n’a pas annoncé de remaniement plus large, mais la situation continue d’alimenter un malaise politique profond à Westminster.