Des hommes armés ont tué trois villageois et enlevé onze personnes, dont un prêtre catholique, lors d’une attaque menée avant l’aube samedi dans le nord-ouest du Nigeria, ont indiqué des responsables de l’Église. L’assaut s’est produit dans une zone rurale de l’État de Kaduna, une région régulièrement frappée par des violences armées.
Selon le diocèse catholique de Kafanchan, les assaillants ont pris pour cible la résidence du prêtre dans la zone administrative de Kauru vers 3 heures du matin. Dans un communiqué, l’Église a qualifié l’attaque « d’acte d’invasion perpétré par un groupe de terroristes », sans fournir davantage de précisions sur l’identité des ravisseurs.
Cette attaque s’inscrit dans une recrudescence de violences qui touche le nord du pays depuis plusieurs mois. En janvier, plus de 150 chrétiens avaient été enlevés dans trois églises d’une autre partie de l’État de Kaduna avant d’être libérés cette semaine. Par ailleurs, au moins 160 personnes, en majorité musulmanes, ont récemment été tuées dans l’État de Kwara par des extrémistes islamiques pour avoir refusé d’être endoctrinées.
Les autorités nigérianes n’ont pas immédiatement communiqué de détails sur les circonstances exactes de l’attaque de samedi ni sur d’éventuelles opérations de recherche ou de sauvetage. De son côté, l’Église catholique de Kaduna a appelé à la prière pour les victimes et à la libération saine et sauve des personnes enlevées.
Le nord du Nigeria est confronté à une crise sécuritaire complexe mêlant groupes jihadistes et bandes armées spécialisées dans les enlèvements contre rançon. Une situation que le président Bola Tinubu peine à enrayer depuis son arrivée au pouvoir en 2023, malgré ses promesses de mettre fin à l’insécurité.
Selon des analystes, ces groupes armés, autrefois cantonnés aux régions les plus septentrionales, étendent désormais leurs opérations vers le sud sous l’effet de la pression militaire et de la concurrence territoriale. Les violences touchent aussi bien les communautés chrétiennes que musulmanes, malgré les accusations récentes de responsables américains reprochant aux autorités nigérianes de ne pas suffisamment protéger les chrétiens.
Ces tensions ont contribué à un renforcement de la coopération sécuritaire entre Abuja et Washington, incluant des frappes américaines contre des groupes armés sur le sol nigérian en décembre et le déploiement d’une petite équipe de forces américaines dans le pays.