Les récentes déclarations du pape Léon XIV condamnant la politique migratoire du président américain Donald Trump ont suscité une vague de réactions au sein de l’Église catholique aux États-Unis. Plusieurs hauts responsables religieux ont annoncé vouloir redoubler d’efforts pour venir en aide aux migrants, confrontés à une répression accrue de la part des autorités américaines.
Lors d’un échange avec des journalistes mardi, le pape Léon XIV – premier pape américain de l’histoire – a appelé les États-Unis à une « profonde réflexion » sur leur traitement des immigrants, citant les conditions de détention observées dans un centre fédéral de Broadview, près de Chicago. « Il y a une réflexion morale essentielle à mener », a-t-il déclaré.
Ces propos ont été salués par de nombreuses figures de l’Église américaine. Kerry Alys Robinson, présidente de Catholic Charities USA, a affirmé que les paroles du pape « renforcent la détermination de ceux qui restent fidèles à la mission d’accueil de l’étranger ». Le cardinal Blase Cupich, archevêque de Chicago, a qualifié l’aide aux migrants d’« impératif moral », ajoutant que les enseignements de l’Église « ne sont pas des valeurs abstraites, mais des devoirs concrets à exercer ici et maintenant ».
Le département américain de la Sécurité intérieure a défendu les conditions de détention dans ses centres, assurant que les personnes arrêtées « sont traitées avec humanité et reçoivent trois repas par jour ». La Maison-Blanche, par la voix de sa porte-parole Abigail Jackson, a répondu que le président Trump « tenait sa promesse au peuple américain » en luttant contre l’immigration illégale.
Depuis son élection en mai, Léon XIV a adopté un ton plus réservé que son prédécesseur, François, mais n’a pas hésité à critiquer la politique de Washington. En septembre, il avait déjà jugé « inhumain » le traitement des migrants par les autorités américaines, provoquant la colère de certains catholiques conservateurs.
Les évêques américains doivent aborder la question lors de leur réunion annuelle prévue à Baltimore du 10 au 13 novembre. L’évêque d’El Paso, Mark Seitz, président du comité sur les migrations, a déclaré que le sujet « sera sans aucun doute l’un des plus importants de nos discussions ».
Le pape a également insisté sur le respect des droits spirituels des migrants détenus, après qu’un groupe de religieux s’est vu refuser l’accès au centre de Broadview pour distribuer la communion. Citant l’Évangile, il a rappelé que les chrétiens seront jugés « sur la manière dont ils auront accueilli l’étranger ».
Dans un climat de tensions croissantes, l’Église catholique américaine s’affirme ainsi comme l’une des principales voix critiques de la politique migratoire de l’administration Trump, appelant à plus d’humanité, de dignité et de compassion envers les personnes en exil.