La superstar colombienne Shakira a donné cette semaine cinq concerts à guichets fermés à San Salvador, une “résidence” inédite dans la région qui s’inscrit dans la stratégie du président Nayib Bukele pour transformer l’image internationale du Salvador. Les spectacles, organisés au stade national Jorge “El Mágico” González dans le cadre de sa tournée « Las Mujeres Ya No Lloran World Tour », ont attiré des dizaines de milliers de spectateurs, dont de nombreux étrangers.
Initialement prévus sur trois dates, les concerts ont été prolongés après l’épuisement rapide des billets. Bukele s’est félicité publiquement de cet engouement, y voyant la preuve que le pays et, plus largement, l’Amérique centrale, sont en train de changer d’image. Shakira a rapidement confirmé l’ajout de deux dates supplémentaires, consolidant une résidence rare pour une artiste internationale de cette envergure dans la région.
Le gouvernement attribue ce succès à l’amélioration spectaculaire de la sécurité ces dernières années. Depuis près de quatre ans, un état d’urgence permet aux autorités de mener une offensive massive contre les gangs. Plus de 91 000 personnes ont été arrêtées, souvent sans garanties procédurales complètes, et des centaines de détenus sont morts en prison sans condamnation. Si des organisations de défense des droits humains dénoncent ces mesures, une grande partie de la population salue la baisse drastique des homicides et des extorsions.
La ministre du Tourisme, Morena Valdez, a estimé que les hôtels de la capitale affichaient complet et que l’impact économique des concerts pourrait atteindre environ 55 millions de dollars. Des visiteurs venus du Costa Rica ou du Guatemala ont expliqué être rassurés par le climat sécuritaire actuel, affirmant pouvoir circuler sans crainte dans le pays.
Cette série de concerts s’ajoute à d’autres événements internationaux accueillis récemment par le Salvador, comme des compétitions de surf et le concours Miss Univers. Pour Bukele, ces manifestations servent de vitrine à un pays qu’il présente désormais comme l’un des plus sûrs du continent, malgré les controverses persistantes autour de sa méthode.