NAIROBI – Le bureau du procureur général du Kenya a annoncé lundi avoir approuvé des inculpations pour meurtre visant six personnes, dont trois policiers, à la suite de la mort du blogueur politique Albert Ojwang en détention. Ce décès, survenu dans des circonstances troubles, avait suscité une vague d’indignation et provoqué d’importantes manifestations à travers le pays, notamment dans la ville côtière de Mombasa.
Le parquet n’a pas immédiatement précisé les identités des personnes poursuivies, mais a confirmé dans un communiqué que des éléments suffisants avaient été réunis pour ouvrir une procédure judiciaire pour homicide volontaire. « Après avoir examiné les preuves, nous avons déterminé que le seuil légal pour engager des poursuites pour meurtre avait été atteint », a indiqué le bureau du Directeur des poursuites publiques.
Albert Ojwang, connu pour ses publications critiques envers les autorités, avait été arrêté début juin et placé en garde à vue dans un commissariat de Nairobi. Quelques jours plus tard, il avait été déclaré mort. Selon sa famille et plusieurs organisations de défense des droits humains, son corps présentait des signes de violence, laissant supposer des actes de torture.
Des manifestations ont éclaté à Mombasa et dans d’autres villes, menées par des groupes de la société civile et des militants des droits de l’homme, exigeant vérité et justice. Des pancartes accusant la police de brutalités ont été brandies, tandis que des appels à une réforme profonde des forces de sécurité se multiplient.
La police kenyane fait régulièrement l’objet d’accusations d’usage excessif de la force et d’abus en détention. Le cas d’Albert Ojwang a relancé le débat sur l’impunité au sein des services de sécurité et la nécessité d’une surveillance renforcée des conditions de détention.
Le gouvernement n’a pas encore réagi officiellement à cette décision du parquet. Le procès à venir sera scruté de près, tant au niveau national qu’international, dans un contexte où les institutions kenyanes cherchent à renforcer leur crédibilité face aux critiques sur le respect des droits fondamentaux.