Italie : Meloni impose l’accord parental pour les cours d’éducation sexuelle à l’école
Italie : Meloni impose l’accord parental pour les cours d’éducation sexuelle à l’école

Nouvelle victoire pour les conservateurs italiens. Le gouvernement de Giorgia Meloni conditionnera désormais tout enseignement lié à la sexualité en milieu scolaire à l’autorisation écrite des parents. Une mesure adoptée ce mercredi 30 avril, via décret-loi, qui confirme l’orientation du gouvernement vers une école à l’image de la « famille traditionnelle ».

Déjà non obligatoire, l’éducation sexuelle est très peu diffusée en Italie. Selon Save the Children, seuls 47 % des adolescents y ont eu accès, et à peine 37 % dans les régions les plus pauvres du sud. Lorsqu’elle est proposée, elle se concentre quasi exclusivement sur les aspects biologiques, au détriment de la dimension relationnelle, émotionnelle ou sociétale.

Un sujet tabou, sous influence religieuse

Dans ce pays majoritairement catholique, le Vatican garde une influence significative, et les initiatives pour rendre l’éducation sexuelle obligatoire ont toujours échoué. Pour la Première ministre Meloni, autoproclamée « mère chrétienne », cette mesure vise à protéger les « valeurs familiales » contre les atteintes idéologiques à l’identité nationale.

Des centres de recherche comme Cesie dénoncent une vision rétrograde, accusant le gouvernement de bloquer l’éducation à la relation, au consentement et à la prévention des violences sexistes. Selon eux, cette politique renforce les stéréotypes de genre et perpétue un système patriarcal « marqué par la violence ». En toile de fond, le spectre d’un recul généralisé des droits sexuels, alors que même l’accès à l’avortement reste entravé par l’objection de conscience massive des médecins.

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