Un juge fédéral américain a rejeté mardi le recours déposé par le ministère de la Justice contre une loi de l’État de New York en matière d’immigration, infligeant un nouveau revers judiciaire à l’administration du président Donald Trump. Cette décision confirme la capacité des États à adopter leurs propres règles dans ce domaine sensible, malgré l’opposition de Washington.
La plainte avait été déposée par le ministère de la Justice des États-Unis, qui estimait que la loi new-yorkaise entrait en conflit avec le droit fédéral de l’immigration. Le texte contesté limite la coopération des autorités locales avec les services fédéraux chargés de l’immigration, notamment en restreignant l’accès à certaines données personnelles.
Dans sa décision, le juge a estimé que l’administration Trump n’avait pas démontré que la loi de New York violait la Constitution ou excédait les pouvoirs de l’État. Il a souligné que le gouvernement fédéral ne pouvait pas contraindre un État à utiliser ses ressources pour appliquer les politiques migratoires fédérales.
L’administration Trump soutenait que cette législation entravait le travail des autorités fédérales et compromettait la sécurité publique. Les responsables new-yorkais, de leur côté, affirmaient que la loi visait à protéger les droits des immigrés et à maintenir la confiance entre les communautés locales et les forces de l’ordre.
Cette décision s’inscrit dans une série de batailles judiciaires opposant Washington à des États et villes dirigés par des démocrates, souvent qualifiés de « sanctuaires », qui résistent aux politiques migratoires restrictives de l’exécutif fédéral. Plusieurs tribunaux ont déjà rappelé les limites du pouvoir présidentiel dans ce domaine.
Pour l’État de New York, ce jugement constitue une victoire politique et juridique majeure, renforçant sa stratégie de protection des immigrés sans statut légal. Pour l’administration Trump, il s’agit d’un nouvel obstacle dans sa tentative d’imposer une ligne dure en matière d’immigration à l’échelle nationale.
Si la décision peut encore faire l’objet d’un appel, elle confirme, à ce stade, l’autonomie des États face à Washington sur certaines questions migratoires, dans un climat politique où l’immigration reste l’un des sujets les plus clivants aux États-Unis.