Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a averti les États membres que l’organisation faisait face à un risque d’« effondrement financier imminent », en raison d’un niveau record de cotisations impayées et de règles budgétaires jugées obsolètes, selon une lettre adressée aux ambassadeurs et consultée par Reuters.
À la fin de 2025, les arriérés de contributions s’élevaient à 1,57 milliard de dollars, un sommet historique. Guterres prévient que, sans réaction rapide, l’Organisation des Nations unies pourrait se retrouver à court de liquidités dès juillet. « La crise s’aggrave, menaçant la mise en œuvre des programmes et risquant un effondrement financier », écrit-il.
La situation est aggravée par le retrait progressif du multilatéralisme de Washington. Les États-Unis, premier contributeur avec 22 % du budget ordinaire (devant la Chine à 20 %), ont fortement réduit leurs financements volontaires et refusé de verser certaines contributions obligatoires. Selon des responsables onusiens, les États-Unis devraient 2,19 milliards de dollars au budget ordinaire, 1,88 milliard aux opérations de maintien de la paix en cours et 528 millions pour des missions passées. L’administration du président Donald Trump critique l’efficacité de l’ONU, tout en promouvant des initiatives alternatives.
Guterres pointe aussi une règle budgétaire qui oblige l’ONU à rembourser chaque année des cotisations non dépensées. « Nous sommes pris au piège d’un cycle kafkaïen où l’on attend de nous que nous rendions de l’argent qui n’existe pas », écrit-il, plaidant pour une réforme en profondeur des règles financières si les États ne règlent pas leurs contributions intégralement et à temps.
Pour contenir la crise, un programme de réformes baptisé UN80 a été lancé : les États ont accepté de réduire le budget 2026 d’environ 7 %, à 3,45 milliards de dollars. Guterres avertit toutefois que ces économies ne suffiront pas sans un redressement rapide des flux de trésorerie, sous peine d’atteintes majeures aux missions de paix, à l’aide humanitaire et aux programmes de droits humains.