Le Pakistan a mené dans la nuit de vendredi à samedi des frappes aériennes et terrestres contre des cibles du gouvernement taliban dans plusieurs grandes villes afghanes, selon des responsables des deux pays. Cette escalade marque un tournant majeur dans les tensions déjà vives entre Islamabad et Kaboul.
D’après des sources sécuritaires pakistanaises, les opérations ont visé des postes, des quartiers généraux et des dépôts de munitions talibans le long de la frontière. Les autorités afghanes ont confirmé des frappes sur leur territoire, tandis que les deux camps ont fait état de lourdes pertes, publiant des bilans contradictoires que Reuters n’a pas pu vérifier de manière indépendante.
Le ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Muhammad Asif, a qualifié la situation de « guerre ouverte », affirmant que la patience d’Islamabad était « à bout ». Ces propos traduisent une détérioration rapide des relations entre les deux voisins.
Les affrontements ont éclaté après que l’Afghanistan a lancé jeudi soir des frappes qualifiées de représailles par les talibans. Islamabad accuse depuis longtemps Kaboul d’abriter des groupes militants responsables d’attaques sur le sol pakistanais, une accusation que les autorités talibanes rejettent fermement, estimant que la sécurité du Pakistan relève de ses affaires intérieures.
Cette nouvelle flambée de violence fait craindre un conflit prolongé le long des 2 600 kilomètres de frontière commune, dans une région déjà marquée par des décennies d’instabilité.