Le secrétaire général de l’ONU António Guterres a qualifié mercredi l’expiration du traité New START de « moment grave » pour la paix et la sécurité internationales, appelant la Russie et les États-Unis à engager sans délai des négociations en vue d’un nouveau cadre de contrôle des armements nucléaires.
Le traité New START, arrivé à échéance mercredi à minuit, plafonnait le nombre d’ogives nucléaires stratégiques que pouvaient déployer États-Unis et la Russie, ainsi que le nombre de missiles et de bombardiers terrestres et sous-marins destinés à les transporter. Il constituait le dernier accord majeur limitant les arsenaux nucléaires des deux principales puissances atomiques.
Dans un communiqué, António Guterres a estimé que la disparition de ce cadre juridique accroissait les risques d’une course aux armements et d’erreurs de calcul aux conséquences potentiellement catastrophiques. Il a souligné que le contrôle des armements reste un pilier essentiel de la stabilité stratégique mondiale.
Le secrétaire général a exhorté Washington et Moscou à faire preuve de responsabilité en ouvrant rapidement des discussions pour remplacer New START. Selon lui, l’absence de tout mécanisme de limitation et de vérification affaiblit l’architecture internationale de sécurité construite depuis la fin de la guerre froide.
Les relations entre les deux pays sont profondément détériorées, notamment en raison de la guerre en Ukraine et de divergences plus larges sur les questions de sécurité. Aucune négociation formelle n’a été engagée à ce stade pour un accord de remplacement, alimentant les inquiétudes de la communauté internationale.
Pour l’ONU, cette échéance marque un tournant critique. António Guterres a rappelé que, face aux tensions géopolitiques actuelles, la réduction des risques nucléaires devrait être une priorité absolue. Sans nouvel accord, a-t-il averti, le monde entre dans une période d’incertitude accrue, où les garde-fous contre l’escalade nucléaire sont plus fragiles que jamais.