Un tribunal thaïlandais a alourdi la peine de l’avocat et militant Arnon Nampa, lui infligeant deux ans et huit mois de prison supplémentaires pour des propos jugés insultants envers la monarchie lors d’un rassemblement en novembre 2020.
Selon des organisations de défense des droits humains, cette nouvelle condamnation porte la peine totale de l’ancien avocat spécialisé dans les droits humains à plus de 30 ans de prison. Âgé de 41 ans, Arnon Nampa était l’une des figures majeures du mouvement de contestation mené par des jeunes en 2020 à Bangkok.
Ces manifestations, inédites par leur ampleur, réclamaient des réformes démocratiques et, fait rare en Thaïlande, une réforme de la monarchie. Les autorités ont poursuivi de nombreux militants en vertu de la loi de lèse-majesté, qui prévoit des peines sévères pour toute critique jugée offensante envers la famille royale.
Les groupes de défense des droits humains dénoncent une utilisation extensive de cette législation pour faire taire les dissidents. Les autorités thaïlandaises, pour leur part, soutiennent que la loi vise à protéger l’institution monarchique, pilier du système politique du pays.
Cette nouvelle décision judiciaire intervient dans un contexte de tensions persistantes entre le pouvoir et les partisans d’une réforme politique, plusieurs militants restant incarcérés ou poursuivis pour leur rôle dans les mobilisations de 2020.