Malgré une coupure quasi totale d’internet imposée par les autorités iraniennes, certains habitants parviennent encore à se connecter au réseau grâce à Starlink, le service d’internet par satellite d’Elon Musk, selon plusieurs sources à l’intérieur du pays. Cette technologie est devenue, ces derniers jours, un moyen crucial pour contourner la censure alors que le pouvoir mène une répression meurtrière contre les manifestations.
Starlink, qui fonctionne via des milliers de satellites en orbite basse, permet un accès direct à internet sans passer par les infrastructures terrestres contrôlées par l’État. Trois utilisateurs iraniens ont indiqué que le service restait opérationnel dans certaines régions, notamment dans l’ouest du pays et dans des zones proches des frontières, même si la connexion est inégale et parfois instable.
Selon Alp Toker, fondateur de l’organisme de surveillance NetBlocks, l’accès à Starlink en Iran semble réduit mais toujours existant. Des spécialistes estiment que les autorités pourraient tenter de brouiller les terminaux Starlink, sans parvenir pour l’instant à neutraliser totalement le service.
Starlink, filiale de SpaceX, n’est pas autorisé à opérer officiellement en Iran. Après la guerre de douze jours avec Israël en juin, le Parlement iranien a même adopté une loi interdisant formellement son utilisation, assortie de lourdes sanctions pénales pour les utilisateurs et les distributeurs non autorisés.
Cette situation illustre une nouvelle fois le rôle stratégique joué par Starlink dans les crises contemporaines. Le service a déjà été déterminant en Ukraine depuis l’invasion russe de 2022, mais aussi au Myanmar et au Soudan, où des coupures d’internet ont poussé rebelles, ONG et personnels médicaux à s’appuyer sur le satellite pour communiquer.
Le coût élevé des équipements environ 600 dollars pour un terminal, plus un abonnement mensuel limite toutefois l’accès à une minorité d’Iraniens. En décembre 2022, Elon Musk avait indiqué que moins d’une centaine de terminaux Starlink étaient actifs dans le pays, un chiffre très faible au regard de la population iranienne.
Dimanche, le président américain Donald Trump a déclaré qu’il comptait s’entretenir avec Musk au sujet du rétablissement d’internet en Iran, sans mentionner explicitement Starlink. De son côté, Musk a déjà affirmé à plusieurs reprises que « les faisceaux étaient allumés » au-dessus de l’Iran.
Dans un contexte de répression accrue et de blackout numérique, Starlink apparaît ainsi comme une bouée de sauvetage pour une partie de la population, tout en soulignant l’influence croissante des technologies privées dans les équilibres politiques et sécuritaires mondiaux.