Un groupe d’investisseurs catholiques affirme que GEO Group, important opérateur de prisons privées et sous-traitant de l’agence américaine de l’immigration, a rejeté un vote d’actionnaires visant à examiner d’éventuelles violations des droits humains dans ses centres de détention, alors que l’administration américaine intensifie sa politique migratoire.
Selon ces investisseurs, menés par des prêtres jésuites engagés dans l’investissement socialement responsable, la société aurait écarté une proposition demandant un audit indépendant sur sa conduite en matière de droits de l’homme dans les centres gérés pour le compte de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE). GEO aurait également mis fin à des discussions sur des visites de ses installations et réduit la portée de ses rapports publics sur ces questions.
GEO est devenu l’un des principaux bénéficiaires de l’expansion des capacités de détention de l’ICE sous la présidence de Donald Trump. L’entreprise exploite notamment des centres de détention en pleine croissance, dont certains font l’objet de plaintes dénonçant des conditions de vie dégradées, comme un accès limité à l’air frais et des conditions de sommeil jugées insuffisantes.
Ces allégations ont alimenté des manifestations et des critiques de la part d’organisations de défense des droits civiques, alors que le gouvernement américain accentue les détentions et fait pression pour accélérer les expulsions. Les investisseurs à l’origine de la proposition estiment que la transparence est essentielle compte tenu de la sensibilité des activités de l’entreprise.
« Le manque de transparence de l’entreprise à notre égard est très préoccupant. A-t-elle quelque chose à cacher ? », a déclaré Bryan Pham, prêtre jésuite et représentant du groupe d’investisseurs, qui affirme chercher un dialogue constructif avec la direction de GEO sur les standards de respect des droits humains.
De son côté, GEO Group n’a pas immédiatement répondu aux accusations détaillées par les investisseurs. L’entreprise a par le passé affirmé respecter les lois et réglementations applicables et assurer des conditions conformes aux exigences contractuelles du gouvernement.
Cette controverse met en lumière les tensions croissantes entre rentabilité, politiques migratoires strictes et exigences éthiques imposées aux entreprises opérant dans le secteur carcéral privé, alors que les actionnaires militants cherchent à peser davantage sur la gouvernance et la responsabilité sociale des groupes impliqués.