Des centaines de moines bouddhistes ont manifesté vendredi dans la capitale sri-lankaise, Colombo, afin de dénoncer ce qu’ils considèrent comme un manque de respect du gouvernement envers leur religion et la mise à l’écart du clergé dans les décisions publiques.
La mobilisation, qui s’est déroulée sans violences signalées, visait à rappeler le statut particulier du bouddhisme dans la Constitution du Sri Lanka. Le texte fondamental reconnaît le bouddhisme comme religion d’État, tout en garantissant la liberté de culte, et impose au gouvernement l’obligation de protéger et de promouvoir cette tradition.
Les moines ont lu un message qu’ils entendent adresser au président Anura Kumara Dissanayake. Ils y affirment que l’action publique doit s’appuyer explicitement sur les principes du bouddhisme, né au Ve siècle avant notre ère en Inde ancienne, et que le clergé doit être consulté dans les affaires de l’État, conformément à une tradition historique.
Le document appelle également à exclure les non-bouddhistes des plus hautes fonctions publiques, à intégrer davantage les valeurs bouddhistes dans l’enseignement et à renforcer la protection des sites archéologiques liés à cette religion.
Dans ce pays d’environ 22 millions d’habitants, plus de 70 % de la population est bouddhiste. Les moines y jouent un rôle influent dans les domaines social, culturel et politique, aux côtés de minorités hindoues, musulmanes et chrétiennes.
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie de pression sur le gouvernement, alors que les relations entre certaines figures religieuses et les autorités connaissent des tensions récurrentes autour de la place du bouddhisme dans la vie publique et de l’équilibre avec les droits des autres communautés.