Des juristes accusent le Salvador de possibles crimes contre l’humanité durant l’état d’urgence
Des juristes accusent le Salvador de possibles crimes contre l’humanité durant l’état d’urgence

Un groupe de juristes internationaux a accusé les autorités du Salvador d’avoir commis des crimes contre l’humanité dans le cadre de l’état d’urgence instauré par le gouvernement du président Nayib Bukele, selon un rapport déposé auprès de la Commission interaméricaine des droits de l’homme.

Le document affirme qu’il existe des « motifs raisonnables » de croire que des violations graves, telles que des actes de torture, des meurtres et des disparitions forcées, ont été commises de manière systématique. Les juristes estiment que ces pratiques pourraient relever de crimes contre l’humanité au sens de l’article 7 du Statut de Rome de la Cour pénale internationale.

Selon le rapport, ces violations s’inscriraient dans une politique d’État « connue et même promue par les plus hauts niveaux du gouvernement ».

L’état d’exception a été instauré le 27 mars 2022 après une flambée de violence des gangs qui avait fait 87 morts en un seul week-end. Depuis, les autorités salvadoriennes ont arrêté plus de 90 000 personnes dans le cadre de cette vaste campagne de sécurité.

D’après les auteurs du rapport, environ 500 détenus seraient morts en prison depuis l’instauration de ces mesures.

Le gouvernement salvadorien rejette toutefois ces accusations. Le défenseur public général du pays, René Escobar, a déclaré que les autorités n’avaient jamais mené de politique de « disparition forcée, de torture, de violence sexuelle ou d’exécutions arbitraires ».

Les autorités mettent en avant les résultats de leur politique sécuritaire : selon les chiffres officiels, les homicides ont chuté de plus de 90 % depuis l’arrivée au pouvoir de Nayib Bukele.

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