Boualem Sansal face à la justice algérienne, sur fond d’escalade entre Paris et Alger
Boualem Sansal face à la justice algérienne, sur fond d’escalade entre Paris et Alger

Le verdict du procès en appel de Boualem Sansal est attendu ce mardi à Alger. L’écrivain franco-algérien de 80 ans, détenu depuis novembre 2024, avait été condamné à cinq ans de prison en première instance pour avoir évoqué dans un média français la question sensible des frontières algériennes héritées de la colonisation. Le parquet a requis dix ans en appel. Boualem Sansal, qui souffre d’un cancer de la prostate, invoque sa liberté d’expression.

Un procès sous haute tension diplomatique

Ce procès s’inscrit dans un contexte explosif entre Paris et Alger, sur fond de rupture diplomatique liée à la reconnaissance par la France d’un plan d’autonomie pour le Sahara occidental. La tension est encore montée d’un cran avec la condamnation dimanche à sept ans de prison du journaliste français Christophe Gleizes, arrêté en Kabylie alors qu’il enquêtait pour le magazine So Foot. Les deux cas symbolisent le raidissement du régime algérien face aux voix dissidentes et aux ressortissants français.

Le président Emmanuel Macron a demandé un « geste d’humanité » au président Tebboune, en vain jusqu’ici. En France, le soutien à Sansal reste massif dans les milieux culturels et politiques, tandis qu’en Algérie, les prises de position de l’auteur sur Israël ont suscité l’hostilité d’une partie de l’opinion. Des proches espèrent une grâce le 5 juillet, jour de la fête de l’indépendance algérienne.

La justice algérienne dira aujourd’hui si elle confirme la peine, l’aggrave ou l’allège.

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