Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a déclaré qu’il était prêt à retirer son parti du gouvernement et à retourner dans l’opposition si le président Bassirou Diomaye Faye s’écartait de la ligne politique qu’ils défendent conjointement, sur fond de rumeurs de tensions au sommet de l’État.
S’exprimant dimanche lors d’une émission diffusée en direct, le chef du gouvernement, figure du parti au pouvoir PASTEF (Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité), a estimé que le « débat » sur d’éventuelles divergences n’aurait pas lieu d’être « si le président est aligné sur son parti ».
« Si le président n’est pas aligné sur son parti, même si nous gouvernons tous ensemble, nous nous trouvons dans ce que j’appelle une situation de partage du pouvoir », a-t-il déclaré, laissant entendre qu’une rupture serait alors envisageable.
Ces déclarations interviennent dans un contexte politique et économique tendu. Le Sénégal fait face à des troubles dans certaines universités et à des négociations complexes avec le Fonds monétaire international (FMI), alors que le pays cherche à lever des financements et à conclure un nouveau programme de prêt.
En 2024, le FMI avait gelé un programme d’environ 1,8 milliard de dollars après que le gouvernement dirigé par Sonko a révélé l’existence de dettes mal déclarées par l’administration précédente, pour un montant estimé à plus de 11 milliards de dollars.
Les propos du Premier ministre alimentent les spéculations sur un possible bras de fer interne entre les deux figures majeures du pouvoir sénégalais, même si aucune rupture officielle n’a été annoncée à ce stade.