La compagnie Air Canada a annoncé lundi la suspension de l’ensemble de ses vols à destination de Cuba, alors que l’île fait face à une pénurie imminente de carburant aviation. Cette décision intervient dans un contexte de tensions accrues sur l’approvisionnement énergétique du pays, largement dépendant des importations.
Selon les autorités et des sources du secteur, cette pénurie de kérosène est liée au durcissement des restrictions imposées par les États-Unis sur les exportations de pétrole en provenance du Venezuela, principal fournisseur historique de Cuba. Ces mesures ont considérablement réduit les volumes de carburant disponibles pour l’aviation civile sur l’île.
Air Canada a précisé qu’elle travaillait à rapatrier environ 3 000 passagers actuellement à Cuba, en affrétant des vols spéciaux ou en réacheminant ses clients via des pays voisins lorsque cela est possible. La compagnie a également indiqué suivre de près l’évolution de la situation avant d’envisager une reprise de ses liaisons.
Les autorités cubaines ont reconnu que plusieurs compagnies aériennes étrangères avaient été contraintes d’adapter leurs opérations, certaines prévoyant désormais de se ravitailler en carburant dans d’autres pays de la région afin de maintenir des liaisons limitées avec La Havane et d’autres destinations touristiques.
Le transport aérien constitue un secteur clé pour l’économie cubaine, en particulier pour le tourisme international, l’une des principales sources de devises du pays. Toute interruption prolongée des vols risque d’aggraver les difficultés économiques auxquelles l’île est confrontée.
Cuba dépend depuis des décennies du Venezuela pour une part importante de son approvisionnement énergétique. La combinaison des sanctions, des difficultés économiques vénézuéliennes et des contraintes logistiques a toutefois fragilisé cet axe, exposant l’île à des pénuries récurrentes.
À court terme, les autorités cubaines cherchent des solutions alternatives pour sécuriser l’approvisionnement en carburant aviation. Mais en l’absence d’un assouplissement des contraintes extérieures ou de nouveaux accords énergétiques, les perturbations du trafic aérien pourraient se prolonger.