À Gaza, le retour des déplacés palestiniens se fait entre espoir et désolation (AP)
À Gaza, le retour des déplacés palestiniens se fait entre espoir et désolation (AP)

Après près de deux ans d’exil forcé, certains Palestiniens commencent à revenir dans la bande de Gaza, un territoire ravagé par la guerre, où les retrouvailles avec les proches se mêlent à la découverte d’un paysage de ruines. Pour beaucoup, le retour est chargé d’émotion, mais aussi de lourdes incertitudes sur l’avenir.

Parmi eux figure Eatedal Rayyan, 29 ans, mère de trois enfants, qui a retrouvé son mari après une longue séparation. Blessée à la jambe au début du conflit, elle avait quitté Gaza pour l’Égypte afin d’y recevoir des soins médicaux, craignant alors une amputation. Après des mois de traitement, elle a finalement pu remarcher et faire partie des rares personnes autorisées à rentrer.

Le retour a été rendu possible par la réouverture partielle du point de passage de Rafah, longtemps resté fermé. Les autorités israéliennes n’autorisent pour l’instant que des passages limités, principalement pour des cas humanitaires, laissant des dizaines de milliers de déplacés toujours bloqués hors de l’enclave.

À leur arrivée, nombre de familles découvrent des maisons détruites ou gravement endommagées. Beaucoup n’ont d’autre choix que de s’installer sous des tentes, faute d’infrastructures et de logements habitables. Les services de base restent très dégradés, et l’accès à l’eau, à l’électricité et aux soins demeure précaire.

Malgré ces conditions, certains affirment que le besoin de rentrer chez eux a été plus fort que la peur ou la fatigue de l’exil. « La vie à Gaza reste belle, même détruite », confie Rayyan, soulignant l’attachement profond à la terre et à la famille qui pousse de nombreux Palestiniens à revenir.

Alors que la guerre a profondément transformé le territoire, ces retours symbolisent à la fois un espoir fragile et l’ampleur des défis humanitaires à venir. Pour beaucoup, rentrer à Gaza ne marque pas la fin des épreuves, mais le début d’une reconstruction longue et incertaine.

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