Asthme : comprendre les différences de risque entre les sexes
Asthme : comprendre les différences de risque entre les sexes

Chez l’enfant, l’asthme touche plus souvent les garçons, avant de devenir majoritaire chez les filles à partir de l’adolescence, avec un basculement autour de 15 ans. Les formes sévères suivent, elles aussi, des trajectoires différentes selon le sexe, avec un pic plus marqué chez les garçons à l’adolescence et une prédominance féminine autour de la cinquantaine, tandis que la mortalité liée à l’asthme reste plus élevée chez les femmes malgré la baisse globale des décès.

Plusieurs travaux suggèrent que ces différences ne relèvent pas uniquement des hormones ou de l’évolution de la maladie, mais qu’elles s’installent très tôt. Une étude sur l’expression des gènes placentaires a notamment montré des modifications beaucoup plus importantes chez les nouveau-nés féminins de mères asthmatiques que chez les nouveau-nés masculins, dans des gènes impliqués dans l’inflammation et la modulation immunitaire.


Des différences biologiques marquées entre poumons masculins et féminins

Une autre étude, menée par des chercheurs australiens, indique que les poumons masculins et féminins seraient « câblés différemment » au niveau moléculaire, notamment à travers l’influence du chromosome X ou Y. Les chercheurs décrivent des réseaux de gènes distincts qui rendraient les poumons masculins intrinsèquement plus réactifs aux déclencheurs inhalés, et soulignent que des expositions environnementales précoces peuvent modifier ces réseaux de façon dépendante du sexe.

Ces résultats renforcent l’idée que l’asthme ne s’exprime pas de manière identique chez les hommes et les femmes, et qu’une prise en charge plus individualisée, intégrant le sexe biologique dès la recherche et le suivi clinique, pourrait améliorer la prévention et l’efficacité des traitements.

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