Hier, une opération judiciaire s’est déroulée dans les locaux de l’Institut du monde arabe à Paris, alors qu’une réception célébrait le départ de son président, Jack Lang. L’ancien ministre de la Culture, âgé de 86 ans, participait à son pot d’adieu lorsque des enquêteurs sont intervenus dans le cadre d’une enquête financière ouverte quelques jours plus tôt. Une situation plutôt ubuesque !
Une enquête préliminaire pour blanchiment de fraude fiscale aggravée
Les investigations ont été ordonnées par le Parquet national financier, qui a ouvert le 6 février dernier une enquête préliminaire pour blanchiment de fraude fiscale aggravée visant Jack Lang et sa fille, Caroline Lang.
Les perquisitions ont concerné plusieurs sites, notamment les bureaux de l’Institut du monde arabe et le domicile parisien de Jack Lang. Les magistrats cherchent à déterminer si des flux financiers ou des montages juridiques ont pu constituer des infractions. À ce stade, aucune mise en examen n’a été prononcée et l’enquête reste en cours.
Les “Epstein files” au centre de l’enquête
La procédure fait suite à la révélation des documents judiciaires américains liés à Jeffrey Epstein. Ces archives mentionnent plusieurs fois Jack Lang et évoquent ses liens éventuels avec le financier américain.
Les enquêteurs s’intéressent particulièrement à une société offshore créée en 2016 aux îles Vierges américaines par Caroline Lang en partenariat avec Jeffrey Epstein. L’objectif est de vérifier si ces structures ont pu servir à des opérations de fraude ou de blanchiment.
Des saisies et auditions en cours
Outre les locaux de l’Institut, des agents de l’Office national antifraude ont procédé à des saisies de documents et de matériel informatique. Ces investigations visent à identifier toute correspondance ou trace financière pertinente pour l’enquête.
Lors de la perquisition, Jack Lang a affirmé publiquement qu’il n’avait « rien à cacher » et qu’il faisait confiance à la justice pour établir la vérité. Il a ajouté vouloir que « la justice fasse son œuvre », montrant ainsi sa coopération avec les enquêteurs.
Une institution culturelle sous pression
La simultanéité entre le pot de départ de Jack Lang et l’intervention judiciaire a donné à la journée une dimension particulière. L’Institut du monde arabe, fondé en 1987 et dédié au dialogue culturel entre la France et le monde arabe, se retrouve malgré lui au centre d’une affaire judiciaire à forte portée symbolique.
Un conseil d’administration extraordinaire doit se réunir ce mardi pour désigner le successeur de Jack Lang.