EXCLU - Quand Loana se confiait à Entrevue: "Je me retrouve en Marylin Monroe. Entourée et seule à la fois, avec des tentatives de suicide et une mort prématurée."
EXCLU - Quand Loana se confiait à Entrevue: "Je me retrouve en Marylin Monroe. Entourée et seule à la fois, avec des tentatives de suicide et une mort prématurée."

Par Jérôme Goulon.

Loana, première star de la téléréalité française, est morte à l’âge de 48 ans. Symbole de toute une époque, son histoire reste indissociable de celle d’Entrevue. En 2012, à l’occasion des 20 ans du magazine, elle nous avait accordé une interview exclusive et avait posé en couverture. Pour cette séance photo, nous avions choisi de lui faire incarner la célébrité qu’elle admirait tant : Marilyn Monroe, en nous inspirant des mythiques clichés signés Douglas Kirkland et Bert Stern. Comme la star hollywoodienne, Loana a connu trop vite la gloire, au point de n’avoir pas pu éviter de sombrer dans ses travers… Révélée par Loft Story, elle avait d’abord su transformer cette notoriété en véritable succès, menant pendant un temps une carrière de business woman, avant de s’effondrer. Mauvais entourage, drogue, alcool, tentatives de suicide, séquestration… Loana aura traversé les épreuves comme une survivante et faisait figure de rescapée. Après avoir encore frôlé la mort, elle avait pourtant tenté de reprendre sa vie en main. Mais ses fragilités et ses démons ont fini par reprendre le dessus. En hommage et en souvenir, Entrevue vous propose aujourd’hui de (re)découvrir cette interview culte…

Entrevue : Tu te sens proche de Marylin Monroe ?
Loana : C’est une icône. Marylin une femme très entourée et très seule à la fois, avec des tentatives de suicide et une mort prématurée. Partir de rien, devenir une star et en souffrir… Je me retrouve dans son parcours. C’est un hommage que je lui rends et j’en suis fière ! Elle comme moi, c’est la solitude qui nous a fait du mal.

Pourtant, tu étais très entourée après Loft Story en 2001 ?
Oui, mais c’était un très mauvais entourage. D’ailleurs, depuis que je suis sortie de l’hôpital en janvier dernier, je ne vois que deux ou trois personnes, pas plus. C’est dans ces moments-là que l’on comprend tout. Longtemps j’ai cru que la vie était belle, que j’avais plein d’amis… Jusqu’à ce que je me retrouve enfermée et séquestrée durant plus d’un an.

Enfermée et séquestrée ?
Oui, mon compagnon m’a emprisonnée dans notre appartement en prenant tous les jours mes clés et mon téléphone. Il répondait en douce à ma mère ou d’autres proches et personne n’y a vu que du feu ! J’avais beau essayer d’appeler à l’aide, ça ne servait à rien. L’appart était insonorisé. À l’époque, je me suis fait battre, j’ai fini avec un traumatisme crânien, j’ai pris de la drogue, des médicaments…

Beaucoup de drogue ?
En fait, après Loft Story, j’en prenais juste de temps en temps, et seulement de manière festive, lors de soirées… Jamais en semaine quand je travaillais.  Et puis, petit à petit, je suis tombée dans une spirale négative…

« J’ai fait beaucoup de tentatives de suicides, certaines n’étaient que des appels au secours, mais parfois j’ai vraiment eu envie d’en finir. »

Et comment es-tu sortie de cette période d’emprisonnement ?
Un jour, mon ex-compagnon a simplement oublié les clés et j’ai finalement réussi à m’enfuir. J’ai porté plainte en décembre 2009. Mes comptes avaient été en partie vidés. J’ai perdu près de 300 000 euros. Depuis, il a pris trois mois de prison avec sursis, il n’a plus le droit de s’approcher de moi à moins de 300 mètres, ni de me contacter.

Comment arrive-t-on à se reconstruire ?
C’est très dur. J’ai fait beaucoup de tentatives de suicides, certaines n’étaient que des appels au secours, mais parfois j’ai vraiment eu envie d’en finir. J’ai eu une prise de conscience après mon arrêt cardiaque au mois de janvier. J’ai été tenue en vie artificiellement durant trois jours. À mon réveil, j’ai vu une femme dans le même état que moi. Ça m’a fait un choc. Les médecins ne savaient pas si j’aurais de graves séquelles car mon cerveau avait manqué d’oxygène. Depuis, la vie me paraît différente…

C’est un tournant ?
Oui. C’est là que j’ai accepté de tourner dans Les Anges de la télé-réalité. C’est devenu une seconde famille qui m’a fait reprendre goût à la vie.

Revenons sur Loft Story… Avec le recul, accepterais-tu encore de faire l’émission ?
Bien sûr ! Sauf peut-être la piscine… Je croyais vraiment que la production filmait la fête, plus que nous. Et puis, dans le bain, on s’est juste chauffé avec Jean-Edouard, mais on n’a pas fait l’amour. Ça s’est passé plus tard, dans la chambre.

Il y a eu quelques images assez chaudes diffusées sur le net !
Oui… Mais je me suis bien fait jeter le lendemain ! Après qu’il m’a larguée, je suis allée pleurer sous ma couette et là seulement, j’ai pensé aux caméras.

Tu as des nouvelles de Jean-Edouard ?
Non, il me déteste ! Il m’évite en soirée…

« J’ai tout montré au public, mes larmes, mon corps, mes rires. »

Comment as-tu vécu la sortie du loft et les fans qui hurlaient après toi dans les rues de Paris ?
En fait, je voulais juste respirer après deux mois d’enfermement. Je me demandais comment ils pouvaient connaître mon nom… C’est dire ! Des gens voulaient me toucher, m’arracher mes vêtements. Je ne comprenais rien à ce qui m’arrivait.

Quand en as-tu pris conscience ?
Quand ma mère m’a apporté trois classeurs de coupures de presse. J’avais l’impression de lire de fausses parutions. J’ai repensé à quelqu’un qui m’avait dit avant d’entrer dans le loft : « Ta vie ne sera plus jamais comme avant… » Je n’ai rien à cacher, j’ai tout montré au public, mes larmes, mon corps, mes rires. Aujourd’hui, les gens m’abordent toujours dans la rue en me tutoyant.

Avais-tu le recul suffisant pour savoir ce qu’il fallait faire ?
J’ai fait ce que je pensais être bien. Un livre, un single. Je ne savais pas si ça allait être bon mais j’ai toujours fait mes choix avec le cœur. C’est une période où je me suis éclatée… C’était rock’n’roll !

Quand as-tu pris conscience que ta vie commençait à partir vraiment vers un mauvais chemin ?
En 2003, quand j’ai compris que je n’aurais pas la garde de ma fille car cela pouvait nuire à son équilibre psychologique, que je ne pourrai pas la voir avant ses 18 ans. Je me suis battue contre trois tribunaux, en vain.

Tu es une rescapée… Si c’était à refaire ?
Je n’ai aucun regret, à part ces quelques années avec mon ex-compagnon. Mais je m’en suis sortie. Ce n’est pas une vie facile non plus, mais ça va. Malgré tout, je pense que j’ai une bonne étoile… 

Loana V6
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