Un parlementaire démocrate a exigé la divulgation d’un appel téléphonique jugé « choquant » entre Donald Trump et les dirigeants saoudiens, daté de 2019, dans le contexte des suites de l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi. Cette demande intervient alors que l’accueil particulièrement fastueux réservé en mai dernier au prince héritier Mohammed ben Salmane à Washington a ravivé les interrogations sur la relation entre les deux pays.
Lors d’une conférence de presse où était présente la veuve de Khashoggi, le démocrate a affirmé que la transparence était indispensable pour comprendre la réaction de l’administration Trump à l’époque du meurtre, perpétré au consulat saoudien d’Istanbul et imputé par les agences de renseignement américaines au prince héritier. Selon lui, l’appel téléphonique contiendrait des éléments permettant d’évaluer si la Maison Blanche avait minimisé ou étouffé les responsabilités saoudiennes.
La Maison Blanche a rejeté ces critiques, qualifiant le demandeur, Alexander Vindman — ancien expert du Conseil national de sécurité — de « député aigri ». Vindman, qui avait examiné plusieurs communications sensibles durant son passage au sein du Conseil, affirme que cet appel mérite d’être rendu public pour des raisons d’intérêt national.
La polémique prend de l’ampleur alors que les relations entre Washington et Riyad restent sous forte surveillance. L’épisode met à nouveau en lumière les tensions entre l’administration Trump, ses opposants démocrates et les défenseurs des droits humains, qui réclament de longue date davantage de clarté sur la manière dont les États-Unis ont géré les conséquences de l’assassinat de Khashoggi.