Le Kremlin fustige les propos de Macron sur un possible déploiement d’avions nucléaires en Europe
Le Kremlin fustige les propos de Macron sur un possible déploiement d’avions nucléaires en Europe

MOSCOU – Le Kremlin a vivement réagi mercredi aux déclarations du président français Emmanuel Macron, qui s’est dit prêt à envisager le déploiement d’avions de combat français porteurs d’armes nucléaires dans d’autres pays européens. Moscou estime que cette proposition ne ferait qu’aggraver l’instabilité sécuritaire sur le continent.

Dans une interview télévisée diffusée mardi soir sur TF1, Emmanuel Macron a affirmé que la France était ouverte à une discussion sur le stationnement d’avions nucléaires en dehors de son territoire. « Les Américains ont des bombes dans des avions en Belgique, en Allemagne, en Italie, en Turquie. Nous sommes prêts à ouvrir cette discussion », a-t-il déclaré, promettant de « définir un cadre très précis » dans les semaines à venir.

La réaction russe ne s’est pas fait attendre. « La prolifération des armes nucléaires sur le continent européen est quelque chose qui n’ajoutera ni sécurité, ni prévisibilité, ni stabilité », a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, lors d’un point presse. Il a souligné que le système de stabilité stratégique mondial était déjà « dans un état déplorable ».

Ce n’est pas la première fois que le président français évoque l’élargissement du rôle dissuasif de l’arsenal nucléaire tricolore à l’échelle européenne. En mars, il avait déjà proposé d’ouvrir un débat sur les garanties de sécurité que la France pourrait offrir à ses partenaires du Vieux Continent. Cette sortie avait suscité une vive réaction à Moscou, qui y avait vu une tentative de Paris d’imposer un leadership nucléaire en Europe, une initiative jugée alors « très, très conflictuelle » par les autorités russes.

Alors que les tensions entre la Russie et l’Occident restent élevées sur fond de guerre en Ukraine et d’effondrement progressif des traités de contrôle des armements, les propos de Macron ravivent le débat sur la place de l’arme nucléaire dans la stratégie de défense européenne, et sur la volonté de certains États membres de l’Union européenne de s’affranchir davantage de la tutelle américaine en matière de sécurité.

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