Deux hauts responsables de l’armée américaine ont effectué une visite surprise à Kyiv, une démarche rare de la part de l’administration du président Donald Trump depuis le début de la guerre en Ukraine. Selon Politico, le secrétaire à l’Armée de terre, Dan Driscoll, et le chef d’état-major de l’Armée de terre, le général Randy George, sont arrivés dans la capitale ukrainienne pour y rencontrer le président Volodymyr Zelenskiy, des commandants militaires et des parlementaires, dans le but de relancer des négociations de paix au point mort avec la Russie.
Politico précise que ces discussions s’inscrivent dans un effort plus large de l’administration américaine, qui cherche à raviver un processus diplomatique gelé depuis des mois. Le Wall Street Journal rapporte par ailleurs que Dan Driscoll devrait également rencontrer ultérieurement des responsables russes, une initiative qui témoigne de la volonté de Washington de tester de nouvelles approches. La Maison Blanche et le Pentagone n’ont pas souhaité commenter ces informations.
Mardi, Axios révélait que l’administration Trump avait élaboré en secret un nouveau plan visant à mettre fin à la guerre, élaboré en consultation avec la Russie. Selon le Wall Street Journal, la Maison Blanche a fait appel à Driscoll et aux hauts commandants militaires dans l’espoir que Moscou serait plus réceptif à des interlocuteurs issus de la sphère militaire, après plusieurs tentatives diplomatiques infructueuses.
Cette mission intervient alors que les forces russes enregistrent des avancées progressives sur certaines portions de la ligne de front et intensifient leurs attaques contre les villes ukrainiennes, ciblant notamment les infrastructures énergétiques. Dans ce contexte, les alliés occidentaux de Kyiv cherchent des moyens de maintenir leurs livraisons d’armes et de munitions. Mercredi matin, la Pologne a annoncé avoir déployé des avions militaires, ainsi que des appareils alliés, pour protéger son espace aérien après des frappes russes ayant visé l’ouest de l’Ukraine à proximité de sa frontière.
Depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche en janvier, les visites de hauts responsables américains à Kyiv ont été très limitées, la plupart des échanges s’étant déroulés dans des pays tiers ou par visioconférence. La venue de Driscoll et George constitue donc un événement particulièrement notable. Trump et Zelenskiy se sont toutefois rencontrés à plusieurs reprises cette année, notamment au Bureau ovale en février, au Vatican en avril, lors d’un sommet de l’OTAN en juin et en août à Washington pour des discussions sur les garanties de sécurité potentielles pour l’Ukraine.
Cette visite intervient également alors que Zelenskiy a annoncé son intention de se rendre en Turquie pour chercher à relancer les discussions avec Moscou sur une éventuelle fin du conflit, qui approche désormais de sa quatrième année. Selon Politico, les pourparlers menés par les deux responsables militaires américains doivent porter à la fois sur les besoins de l’Ukraine au front et sur les pistes permettant de réactiver un processus de paix paralysé. Trump a répété à plusieurs reprises vouloir mettre fin rapidement à la guerre, allant jusqu’à encourager ses conseillers à tester diverses hypothèses de cessez-le-feu. Une initiative qui suscite toutefois l’inquiétude de certains partenaires européens, préoccupés par tout accord susceptible de consolider la mainmise russe sur les territoires occupés.