Les armées de Thaïlande et du Cambodge ont entamé mercredi des pourparlers afin d’examiner une possible reprise du cessez-le-feu le long de leur frontière commune, ont annoncé les deux gouvernements. Ces discussions surviennent après plus de deux semaines d’affrontements violents qui ont fait au moins 86 morts.
Selon les autorités thaïlandaises, les discussions du Comité général des frontières doivent s’étaler sur trois jours. Elles se tiennent dans un poste frontalier situé à l’extrémité sud de la frontière de 817 kilomètres séparant les deux pays, une zone régulièrement marquée par des tensions territoriales.
Les combats ont éclaté malgré des tentatives antérieures de désescalade. Les deux camps s’accusent mutuellement d’avoir déclenché les violences, chacun affirmant avoir agi en légitime défense face aux incursions adverses. Les affrontements ont entraîné le déplacement de milliers de civils, notamment dans la province thaïlandaise de Buriram.
Ces pourparlers interviennent deux jours après une réunion spéciale des ministres des Affaires étrangères d’Asie du Sud-Est à Kuala Lumpur. Cette rencontre, organisée sous l’égide de la ASEAN, visait à sauver une trêve initialement négociée par la Malaisie, présidente tournante de l’organisation, avec l’appui du président américain Donald Trump après une précédente flambée de violences en juillet.
Le porte-parole du ministère thaïlandais de la Défense, le contre-amiral Surasant Kongsiri, a indiqué que les discussions en cours pourraient ouvrir la voie à un accord si des avancées concrètes étaient réalisées. Il a toutefois souligné que la situation restait fragile sur le terrain.
Les États-Unis ont exprimé leur inquiétude face à la poursuite des combats et au nombre de victimes, appelant les deux parties à la retenue. Washington a encouragé Bangkok et Phnom Penh à respecter leurs engagements en faveur d’un cessez-le-feu durable.
Si ces pourparlers représentent une opportunité de désescalade, les observateurs restent prudents quant à leur issue. Les différends frontaliers entre la Thaïlande et le Cambodge sont anciens et sensibles, et toute reprise durable du cessez-le-feu dépendra de la capacité des deux armées à instaurer des mécanismes de confiance sur le terrain.