La Russie bombarde l’Ukraine après avoir rejeté un cessez-le-feu, mais accepte des pourparlers à Istanbul
La Russie bombarde l’Ukraine après avoir rejeté un cessez-le-feu, mais accepte des pourparlers à Istanbul

KYIV, Ukraine — La Russie a lancé dans la nuit de dimanche à lundi plus de 100 drones Shahed et leurres contre l’Ukraine, a annoncé l’armée de l’air ukrainienne, au lendemain du refus du Kremlin d’accepter un cessez-le-feu inconditionnel de 30 jours. Malgré ce rejet, Moscou s’est déclaré prêt à participer à des pourparlers de paix cette semaine, sans conditions préalables.

Aucune réponse directe n’a été apportée à la proposition du président ukrainien Volodymyr Zelensky d’une rencontre en face-à-face avec Vladimir Poutine jeudi en Turquie. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a refusé d’indiquer qui représenterait la Russie à Istanbul, se bornant à affirmer que Moscou restait « déterminé à rechercher sérieusement une solution pacifique durable ».

Alors que les États-Unis et plusieurs pays européens intensifient leur pression pour mettre fin à cette guerre de plus de trois ans, le président américain Donald Trump a déclaré qu’il voyait un « potentiel de bonne rencontre » entre les deux dirigeants. Il a même évoqué la possibilité de rejoindre les discussions en Turquie, depuis sa tournée au Moyen-Orient.

Zelensky s’est montré favorable à la présence de Trump aux négociations, soulignant son soutien à l’idée de pourparlers directs avec Poutine. Il a aussi affirmé qu’un cessez-le-feu immédiat restait crucial avant toute négociation, une condition réitérée par les Européens et rejetée par Moscou.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, en contact étroit avec toutes les parties, a affirmé qu’« une nouvelle fenêtre d’opportunité » s’ouvrait pour la paix. Il a salué la volonté de Trump de privilégier le dialogue et rappelé que des discussions précédentes, organisées à Ankara en 2022, avaient été proches d’un accord avant d’être interrompues.

Les réactions internationales n’ont pas tardé. Le ministre français des Affaires étrangères a exhorté Vladimir Poutine à accepter la proposition ukrainienne, menaçant Moscou de nouvelles sanctions si aucun cessez-le-feu n’était instauré. Son homologue suédois a déclaré que la pression sur la Russie n’avait jamais été aussi forte.

Sur le terrain, les frappes russes ont visé l’hôpital Nasser à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, tuant deux personnes selon un bilan révisé par les autorités locales. Israël a affirmé avoir ciblé un centre de commandement du Hamas.

Pendant ce temps, à Kyiv, l’annonce de possibles pourparlers suscitait des réactions partagées. Certains citoyens exprimaient leur scepticisme face aux intentions de Moscou, tandis que d’autres voyaient dans ces avancées diplomatiques les prémices d’un accord de paix.

Zelensky a également fait appel au pape Léon XIV, récemment élu, pour soutenir les efforts de paix et intervenir dans le dossier sensible du rapatriement des enfants ukrainiens que Kyiv accuse Moscou d’avoir déportés. Le souverain pontife a exprimé, lors de sa bénédiction dominicale, son « espoir d’une paix juste et authentique » pour l’Ukraine.

Alors que les regards se tournent vers Istanbul pour une possible relance des pourparlers, la question cruciale demeure : la Russie est-elle prête à choisir la voie diplomatique ou s’en tiendra-t-elle à l’escalade militaire ?

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