Gaza : Hamas tue 12 combattants pro-israéliens, Tel-Aviv parle d’un massacre d’humanitaires
Gaza : Hamas tue 12 combattants pro-israéliens, Tel-Aviv parle d’un massacre d’humanitaires

Hamas a annoncé jeudi avoir tué 12 membres d’un groupe armé palestinien soutenu par Israël dans la bande de Gaza, les accusant de collaboration avec l’État hébreu. L’organisation islamiste affirme que l’opération a été menée par une unité spéciale de sa police, quelques heures seulement après qu’un groupe humanitaire pro-israélien a dénoncé une attaque contre un de ses bus, faisant au moins cinq morts parmi ses travailleurs humanitaires palestiniens.

Les faits se sont produits près de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, alors que les tensions sont à leur comble entre les différentes factions armées palestiniennes et dans un contexte d’intervention militaire israélienne toujours plus intense. Selon Hamas, les 12 hommes tués étaient membres de la milice dirigée par Yasser Abu Shabab, accusée de collaborer avec l’armée israélienne et de participer à la gestion de points de distribution d’aide controversés.

La milice, qui se fait appeler les « Forces populaires », affirme pour sa part avoir abattu cinq membres du Hamas au cours de l’affrontement, tout en niant que les victimes montrées par le groupe islamiste faisaient partie de ses rangs. Il n’a pas été possible de vérifier de manière indépendante les affirmations des deux camps ni les identités des morts.

Le groupe humanitaire en question, la Gaza Humanitarian Foundation (GHF), soutenu par Israël et les États-Unis, a déclaré que les victimes de l’attaque contre son bus étaient des travailleurs humanitaires palestiniens. Dans un communiqué, il a condamné un « acte barbare » visant « des pères, frères, fils et amis qui risquaient leur vie chaque jour pour aider les autres ». La GHF a par ailleurs nié toute coopération avec la milice d’Abu Shabab, malgré des accusations persistantes de collusion.

La situation humanitaire à Gaza continue de se détériorer, avec des pénuries extrêmes de nourriture, de carburant et de médicaments, et un accès humanitaire de plus en plus militarisé. Plusieurs grandes ONG internationales et l’ONU ont dénoncé la nouvelle structure d’aide soutenue par Israël, estimant qu’elle aggrave la dépendance humanitaire et pourrait servir à forcer les Palestiniens à se déplacer vers des zones sous contrôle israélien.

La guerre en cours, relancée en mars après la rupture d’une trêve, a plongé Gaza dans le chaos. Les combats entre factions palestiniennes rivales se multiplient tandis que des gangs armés pillent les convois d’aide. L’armée israélienne, qui contrôle aujourd’hui plus de la moitié du territoire, affirme agir pour éradiquer les capacités militaires du Hamas, auteur de l’attaque du 7 octobre 2023 sur le sol israélien.

Selon le ministère de la Santé à Gaza, plus de 55 000 Palestiniens ont été tués depuis le début de l’offensive, dont une majorité de femmes et d’enfants. L’ampleur des destructions a laissé près de 90 % de la population sans abri et presque totalement dépendante d’une aide humanitaire désormais soumise à d’intenses rivalités politiques et militaires.

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