Des milliers de Mexicains dans la rue contre la criminalité et la corruption : la génération Z mène la fronde (AP Photo/Marco Ugarte)
Des milliers de Mexicains dans la rue contre la criminalité et la corruption : la génération Z mène la fronde (AP Photo/Marco Ugarte)

À Mexico, plusieurs milliers de personnes ont manifesté samedi pour dénoncer la corruption, l’impunité et la montée de la criminalité, dans un mouvement initié par la génération Z mais rapidement soutenu par des sympathisants plus âgés et des membres de l’opposition. La mobilisation, largement pacifique, a dégénéré en fin de journée avec des heurts violents entre jeunes manifestants et forces de l’ordre.

Selon le secrétaire à la sécurité de la capitale, Pablo Vázquez, 120 personnes ont été blessées, dont 100 policiers, et 20 manifestants ont été arrêtés. Des affrontements ont éclaté lorsque certains jeunes ont lancé des pierres, des feux d’artifice et des chaînes contre les forces de l’ordre, saisissant même leurs boucliers.

Un mouvement générationnel mondial

Ces manifestations s’inscrivent dans un contexte plus large : depuis le début de l’année, la jeunesse née entre la fin des années 1990 et le début des années 2010 se mobilise à travers le monde contre la corruption et l’injustice sociale. En septembre, un vaste mouvement « Gen Z » au Népal avait conduit à la démission du Premier ministre après l’interdiction des réseaux sociaux.

Au Mexique, les jeunes dénoncent un système rongé par la corruption et la violence. « Nous avons besoin de plus de sécurité », a déclaré Andres Massa, 29 ans, arborant le drapeau noir à tête de mort devenu symbole des mobilisations Gen Z. À ses côtés, Arizbeth Garcia, médecin de 43 ans, réclamait plus de moyens pour le système de santé et la protection des soignants, souvent victimes d’agressions dans un climat d’insécurité généralisée.

Une défiance croissante envers le pouvoir

Malgré la vague de violences, la présidente Claudia Sheinbaum conserve une forte popularité. Mais les récents assassinats politiques, dont celui du maire de Michoacan Carlos Manzo, ont ravivé la colère populaire. Des manifestants portaient les chapeaux de paille symbolisant son mouvement. « Il a été tué parce qu’il avait le courage d’affronter les délinquants », a confié Rosa Maria Avila, venue de Patzcuaro.

La cheffe de l’État a accusé la droite d’infiltrer la contestation et d’amplifier sa portée en ligne via des robots sur les réseaux sociaux. Plusieurs influenceurs, initialement favorables au mouvement, ont d’ailleurs pris leurs distances. Mais la mobilisation de samedi marque un tournant : la colère de la jeunesse mexicaine, désormais intergénérationnelle, semble bien décidée à ébranler le pouvoir.

Que retenir rapidement ?

À Mexico, plusieurs milliers de personnes ont manifesté samedi pour dénoncer la corruption, l’impunité et la montée de la criminalité, dans un mouvement initié par la génération Z mais rapidement soutenu par des sympathisants plus âgés et des membres de l’opposition. La mobilisation, largement pacifique, a dégénéré en fin de journée avec des heurts violents entre jeunes manifestants et forces de l’ordre.

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