Alors que le gouvernement vacille sur fond de crise budgétaire, David Lisnard, maire de Cannes et figure montante d’une droite libérale et décomplexée, a dénoncé mercredi matin sur France Inter la dérive dépensière du pouvoir. Il en a profité pour appeler à une recomposition politique de grande ampleur, allant « de l’UDI jusqu’à Sarah Knafo » en vue de 2027.
« Le véritable sujet est l’efficacité de la dépense publique »
Invité de la matinale de France Inter, David Lisnard n’a pas mâché ses mots contre Sébastien Lecornu et l’exécutif : « Je suis incapable de lire le Lecornisme. Parler de la taxe Zucman est un détournement d’opinion : on concentre le débat sur la fiscalité dans un pays qui détient déjà le record mondial des prélèvements obligatoires et des impôts de production ».
Pour l’édile cannois, le problème central n’est pas le manque de recettes mais l’inefficacité chronique de la dépense publique : « Nous sommes un pays avec le record du monde de la dépense publique, qui se fait au détriment de la prospérité et du bon fonctionnement des services publics. »
Le président de Nouvelle Énergie dénonce une administration tentaculaire et coûteuse : « 35 % de l’argent public est détourné vers des fonctions administratives, contre 24 % en Allemagne ou en Italie. Il nous faut moins de bureaucrates et de réglementations. Afuera ! », reprenant le cri de ralliement du président argentin Javier Milei, symbole désormais d’une droite libérale assumée.
Hostile à la suspension de la réforme des retraites, Lisnard soutient que « le travail reste la seule source de richesse ». Selon lui, la France ne pourra sortir de la stagnation qu’en travaillant davantage et en réformant son modèle social à bout de souffle, fondé sur une répartition devenue intenable à cause du vieillissement et du manque de renouvellement des générations.
Vers une « grande primaire de la droite »
Sur le plan politique, David Lisnard assume une ambition : reconstruire une droite de gouvernement crédible.
Défenseur de l’union des bonnes volontés, le maire de Cannes propose ainsi une « grande primaire ouverte », rassemblant les forces de droite de l’UDI à Sarah Knafo, en passant par Horizons ou Debout la France : « Je veux créer une vraie force pour récupérer les orphelins de la droite : ceux qui ne votent plus, ceux qui sont partis chez Macron ou au RN. »
Alors qu’une coalition des droites est plébiscitée par une majorité de Français (52% selon le dernier sondage Ifop pour Valeurs actuelles, dont 82 % chez les sympathisants de LR, 91 % chez ceux du RN et 100 % chez les partisans de Reconquête), reste à savoir si les cadres des différents partis iront au bout de cette volonté populaire.