Face au refus catégorique de l’Algérie de reprendre ses ressortissants sous le coup d’une expulsion, Gérald Darmanin plaide pour des mesures fortes. Le ministre de la Justice, invité de TF1 ce mardi matin, s’est déclaré totalement en phase avec la riposte graduée défendue par Bruno Retailleau, soulignant qu’il est désormais temps d’appliquer des sanctions ciblées contre les élites algériennes. Il appelle notamment à rappeler l’ambassadeur de France et à mettre fin aux passeports diplomatiques algériens, qui permettent à de nombreux dirigeants et hauts responsables de venir bénéficier du système de santé français ou y effectuer leurs achats de luxe sans contrainte.
Lundi soir, la suspension des accords de 2007 sur l’exemption de visas a marqué une première étape dans la réponse française. Mais pour Darmanin, il faut aller plus loin. L’Algérie, qui profite depuis des décennies de traitements de faveur en matière de circulation et d’installation en France, refuse pourtant de jouer le jeu de la coopération sur les expulsions. « Nous ne pouvons pas continuer à accepter cette hypocrisie d’un régime qui critique la France en permanence tout en bénéficiant de ses largesses », a-t-il martelé.
Le ministre de la Justice s’en prend également aux positions qu’il juge outrancières du Rassemblement national. Alors que Marine Le Pen réclame la suppression immédiate des accords de 1968, un gel des transferts de fonds privés et la fin de l’aide publique au développement, Gérald Darmanin fustige son approche irréaliste. « Le principe d’une riposte graduée, c’est justement qu’elle soit efficace et progressive. Madame Le Pen, qui n’a jamais dirigé le pays, n’a aucune idée de la manière dont on gère une relation diplomatique avec un grand État », ironise-t-il.
Si Paris reste ouvert au dialogue, le temps des compromissions est révolu. Gérald Darmanin insiste sur la nécessité d’imposer un rapport de force : « Nous ne céderons plus aux caprices d’un régime qui joue la confrontation tout en bénéficiant des avantages offerts par la France. » La balle est désormais dans le camp algérien : soit Alger revoit sa position et accepte de reprendre ses ressortissants délinquants, soit la France continuera à resserrer l’étau en appliquant des sanctions progressives mais implacables.