Depuis Ljubljana, en Slovénie, le président de la République a ouvert la porte à une consultation populaire sur les retraites tout en maintenant le cap de la réforme de 2023.
Un « décalage », pas une suspension
En déplacement en Slovénie ce mardi 21 octobre, Emmanuel Macron a tenu à lever toute ambiguïté. Interrogé sur l’avenir de la réforme des retraites, il a écarté l’idée d’une suspension, évoquée il y a quelques jours par le Premier ministre Sébastien Lecornu.
« La réforme de 2023 n’est ni abrogée ni suspendue, mais simplement décalée », a affirmé le chef de l’État, parlant d’un « souci d’apaisement » et d’un « décalage d’échéance » plutôt que d’un retrait.
Ce décalage porterait sur le relèvement progressif de l’âge légal, initialement prévu à 63 ans dès janvier 2027, désormais reporté à 2028. Un ajustement présenté comme technique, mais qui traduit surtout les tensions persistantes au sein de la majorité et la nécessité d’éviter un nouveau bras de fer parlementaire.
L’hypothèse d’un référendum
Pour la première fois, Emmanuel Macron évoque la possibilité d’un référendum national sur les retraites. « Des perspectives de référendum sont possibles », a-t-il déclaré, tout en précisant qu’une telle consultation « ne pourrait se faire qu’à partir d’un accord scellé » entre les partenaires sociaux et politiques. Autrement dit, le président n’exclut pas de consulter les Français, mais seulement si un consensus préalable émerge sur les contours d’un nouveau système. Une condition qui rend l’hypothèse très incertaine.
Le dernier référendum organisé en France remonte à 2005, sur le Traité constitutionnel européen, rejeté par 54,68 % des votants. Depuis, aucun chef d’État n’a osé recourir à cet instrument, souvent perçu comme un pari risqué pouvant se transformer en vote-sanction. Alors que la crise politique s’intensifie et que la popularité du président s’effrite, difficile de savoir si la promesse d’un retour à la démocratie directe, symbole davantage que réelle volonté de consulter les Français, verra le jour.