À peine sa candidature à l’élection présidentielle de 2027 officialisée, Bruno Retailleau avance déjà ses premières propositions. Le président des Républicains entend porter un projet de rupture, articulé autour de trois piliers qu’il revendique clairement : l’ordre, la prospérité et la fierté française. Ses annonces dessinent une ligne assumée, mêlant fermeté régalienne et virage libéral en matière économique.
Sur le terrain institutionnel, Bruno Retailleau propose d’élargir le champ du référendum afin de redonner la parole directe aux Français, y compris pour contourner certaines décisions du Conseil constitutionnel. Il défend également la primauté du droit national sur le droit européen pour certains textes, affirmant que la souveraineté juridique doit primer lorsqu’il s’agit des intérêts fondamentaux du pays. Sur l’immigration, sa position est nette : lutter contre l’immigration illégale mais aussi réduire l’immigration légale, en diminuant « l’attraction de la France » par un durcissement des conditions d’accueil.
Le volet sécuritaire occupe une place centrale dans son projet. L’ancien ministre de l’Intérieur propose le déploiement de blindés Centaure dans les quartiers les plus difficiles et la création d’une force spécifiquement formée pour « imposer la République » dans les territoires où l’autorité de l’État est contestée. Il assume une stratégie de reconquête, estimant que l’ordre public constitue la condition préalable à toute politique sociale ou économique efficace.
Sur le plan économique et social, Bruno Retailleau affiche une orientation résolument libérale. Il propose une baisse de 35 % des charges pesant sur les employeurs et un mécanisme visant à exonérer, au-delà d’un certain seuil, les salariés de cotisations et d’impôts, pour revaloriser le travail et augmenter le pouvoir d’achat. Il plaide également pour la suppression des « normes paralysantes » qui freinent l’activité économique et l’initiative.
Enfin, dans le domaine éducatif, il souhaite créer des établissements publics et gratuits mais autonomes, permettant aux chefs d’établissement de choisir leurs équipes et de définir leur projet pédagogique. L’objectif affiché est de responsabiliser les acteurs de terrain et de sortir d’un modèle centralisé jugé inefficace.
Avec ces premières orientations, Bruno Retailleau cherche à incarner une droite d’autorité et de liberté économique, déterminée à reprendre la main sur les questions régaliennes tout en desserrant l’étau fiscal et réglementaire.