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Médiapart a cru bon de faire ressurgir le nom de Philippe Douste-Blazy dans une affaire d’achat de voitures de luxe via la principauté d’Andorre. En réalité, derrière les formules chocs et les insinuations, peu de choses concrètes à reprocher à l’ancien ministre, qui n’occupe plus aucune fonction politique depuis bientôt deux décennies. Dans une réaction immédiate, il contre-attaque et balaie les soupçons d’un revers sec : « J’ai toujours vécu dans une probité absolue. »

L’ancien ministre assume pleinement ses achats. « Tout est transparent. Tout est clair. Payé avec mon argent », insiste-t-il.

À 72 ans, Douste-Blazy estime ne devoir de comptes à personne sur la manière dont il choisit de dépenser son argent, légalement acquis au cours d’une carrière riche, tant en politique qu’à l’international, notamment à l’ONU. « Je ne vois pas pourquoi j’irais m’excuser d’avoir gagné de manière honnête de l’argent », ajoute-t-il, visiblement surpris que l’on puisse faire un procès en enrichissement personnel à un retraité qui n’a plus aucun mandat.

Un non-sujet monté en épingle ?

En creux, l’article de Mediapart insinue une proximité politique toujours active avec Emmanuel Macron, comme si Douste-Blazy appartenait encore au cercle des puissants. Une assertion qu’il rejette fermement : « Cela fait 18 ans que je ne suis plus en responsabilité politique », rappelle-t-il à Entrevue. Et de fait, rien dans sa situation actuelle ne justifie que ses achats personnels soient traités comme s’il s’agissait de l’utilisation détournée de fonds publics.

Ce que l’ancien maire de Toulouse refuse, c’est d’être mêlé à une affaire de fraude qui ne le concerne pas directement. L’enquête vise avant tout un concessionnaire de la Côte d’Azur soupçonné de blanchiment de fraude fiscale via Dubaï et l’Andorre. Philippe Douste-Blazy n’est ni mis en examen ni visé par une quelconque procédure judiciaire. S’il a pu bénéficier des pratiques d’un vendeur aujourd’hui dans le viseur de la justice, rien ne prouve qu’il en ait eu connaissance, ni qu’il ait cherché à contourner la loi.

En off, plusieurs proches s’étonnent même qu’on cherche à salir l’image d’un homme qui a quitté la politique depuis longtemps et qui consacre aujourd’hui son énergie à la recherche médicale. Président de la fondation Toulouse Cancer Santé, Douste-Blazy reste très engagé dans la lutte contre la maladie. « Ce que je vis là, c’est une tentative de me décrédibiliser sans aucun fondement », conclut-il.

En creusant le dossier, Entrevue n’a trouvé aucun élément permettant d’étayer les accusations les plus graves formulées à demi-mot dans la presse d’investigation. À ce stade, il s’agit donc surtout d’un procès d’intention, nourri d’amalgames et de soupçons… mais sans preuve.

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