Saint-Tropez : série noire en mer, la SNSM sonne l’alerte
Saint-Tropez : série noire en mer, la SNSM sonne l’alerte

Incendies, collisions, pannes en chaîne… Depuis le début du mois de juillet, le golfe de Saint-Tropez connaît une inquiétante série d’accidents maritimes qui gâche les vacances de nombreux plaisanciers. La Société nationale de sauvetage en mer (SNSM), en première ligne, déplore une montée en flèche des interventions et pointe une cause principale : l’imprudence des navigateurs. En une semaine seulement, douze opérations d’urgence ont été menées dans la zone. Le plus spectaculaire reste l’incendie du yacht Sea Lady II, un géant de 41 mètres, qui a pris feu le 10 juillet en plein cœur du port de Saint-Tropez. Malgré l’intervention rapide des secours, le navire a sombré, sous les yeux médusés des vacanciers. Quelques heures plus tard, un autre bateau explosait à Port Grimaud lors d’un plein de carburant. Une femme a été grièvement brûlée.

Alcool, négligence et vent imprévu

Dans la nuit du 12 juillet, une vedette avec sept personnes à bord s’est encastrée dans les rochers près de la plage des Salins. Un autre navire de tourisme avait heurté les récifs à Sainte-Maxime la veille. Plus récemment, un catamaran et une annexe ont dérivé vers la côte après un coup de vent soudain. Les autorités insistent : la météo n’est pas en cause. « Ce sont des erreurs manifestes de navigation, des règles élémentaires ignorées, et trop souvent de l’alcool », résume Frédéric Saveuse, président de la SNSM de Saint-Tropez. L’alcool serait en cause dans la moitié des interventions de la station. Le constat est alarmant : beaucoup de plaisanciers prennent la mer sans vérification de leur matériel, sans prévenir personne, parfois seuls, souvent sans gilet.

Le luxe en flammes, la mer en tensionLe Sea Lady II, navire battant pavillon maltais, appartenait à un riche Argentin familier du vieux port. Les circonstances de l’incendie restent floues. L’enquête est en cours, mais l’enjeu financier est colossal. « Quand on pense qu’un yacht comme ça peut coûter un million d’euros le mètre carré… », souffle un marin, encore sidéré devant la coque calcinée. La mairie de Saint-Tropez assure que le vieux port est à nouveau navigable, après des opérations de pompage et de dépollution menées tambour battant. Le professionnalisme des services de secours, qui ont déplacé 35 bateaux en quelques minutes pour éviter la propagation des flammes, a évité un désastre plus large. Reste que la saison est loin d’être terminée. Et pour la SNSM, la consigne est claire : vigilance maximale, numéro d’urgence 196 en mémoire, et surtout… moins de champagne à la barre.

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