La nuit du 13 juillet à Paris et en petite couronne a donné lieu à une série d’interventions d’envergure, dans un climat de crispation déjà alimenté par les récents épisodes de violences urbaines. Ce sont finalement 176 personnes qui ont été interpellées, un chiffre en hausse par rapport à l’année précédente. Parmi elles, 43 ont été arrêtées pour avoir porté ou utilisé des mortiers d’artifice, parfois dirigés contre les forces de l’ordre. En amont de cette soirée sous haute surveillance, les services de police avaient procédé à environ 250 contrôles ciblant véhicules, passants et commerces. Ces opérations ont permis de mettre la main sur un arsenal impressionnant : pas moins de 15 000 mortiers saisis avant même que les festivités ne commencent. De nouvelles saisies ont également eu lieu pendant la nuit. Le préfet de police Laurent Nuñez, qui s’exprimait au lendemain des faits, a reconnu une nuit « très active », saluant l’engagement massif des forces de l’ordre, au nombre de 11 500 dans la capitale et sa périphérie immédiate.
Une soirée sous tension à la veille du 14 juillet
À Paris même, 80 interpellations ont été recensées, dont 27 concernant des mineurs. Le parquet a précisé que ces arrestations avaient débouché sur des placements en garde à vue. À cela s’ajoutent des incidents notables, comme l’incendie d’un gymnase au Blanc-Mesnil, en Seine-Saint-Denis. Le feu, parti d’un véhicule, s’est propagé jusqu’au bâtiment, le détruisant intégralement. Le préfet y voit le fait le plus marquant de la nuit. Paradoxalement, le calendrier sportif aurait pu aggraver la situation. Le Paris Saint-Germain disputait ce même soir la finale de la Coupe du monde des clubs face à Chelsea. La défaite nette du club parisien (3-0) a cependant tué dans l’œuf tout risque de rassemblement spontané. Les autorités, qui redoutaient des débordements, avaient d’ailleurs pris les devants en fermant plusieurs stations de métro autour des Champs-Élysées. Pour la soirée du 14 juillet, les forces de l’ordre ont reconduit leur dispositif d’ampleur, en prévision de l’affluence attendue sur les lieux emblématiques de la capitale. Les abords de la tour Eiffel, le Champ-de-Mars et la place du Trocadéro seront particulièrement surveillés. Concerts, feux d’artifice et défilé militaire concentreront les foules et la vigilance. Le préfet a confirmé que la mobilisation serait maintenue au plus haut niveau, affirmant que les effectifs seraient prêts à intervenir en cas de nouveaux troubles.